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Témoignages, à
l'écoute du peuple Groenlandais

Jess Svane |
«…Une
des plus grandes problématiques dans le Groenland
d’aujourd'hui est la communication entre les huit grandes
villes, et les 42 villages répartis sur la côte du
Groenland. Pour bien comprendre, il faut savoir que notre
littoral s’étend sur 44.000 kilomètres, ce qui est colossal.
Quand bien même, nous sommes tous Groenlandais, nous avons
des langues différentes, des cultures différentes, et des
attentes différentes…»
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Paul Jensen |
«…L’été
qui s’achève a été un des plus secs que nous n’ayons jamais
connu. Pour la première fois, nous avons eu des
interdictions de faire du feu dans le district d’Ilulissat…
… Je ne
pouvais plus les nourrir mes chiens. De nombreuses personnes
en ville étaient dans le même cas que moi. Nous nous
entraidions bien sûr mutuellement, mais la demande en
phoques et en poissons était trop importante. La pêcherie
nous était à ce moment-là d’une grande utilité. Et lorsqu’il
y a deux ans de ça, elle a déménagé pour aller s’installer
sur un autre village, des six mille chiens que comptait la
ville, la moitié ont dû être abattus…»
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Lars Fleischer |
«…avec
quarante-trois habitants, nous sommes un des plus petits
villages de cette partie du pays. Notre survie à terme,
dépend de notre capacité à inverser cette tendance. Notre
challenge, est économique. Il nous faut pouvoir maintenir
et créer des emplois. Toutes les initiatives sont les
bienvenues. Dans ce sens, nous avons l’intention de
développer notre pêcherie, par un espace dégustation. Nos
produits sont très prisés, les touristes pourront ainsi les
découvrir et les acheter sur place. Cela devrait compléter
nos ventes tout en renforçant l’attrait touristique de notre
commune…»
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Adolf Eugenius
Jensen |
«…La
vie moderne a malheureusement entraîné une perte de nos
traditions. Les enfants grandissaient avec les parents et
les grands-parents et le savoir se transmettait ainsi.
Cela ne se fait plus, les jardins
d’enfants et les garderies remplacent nos anciens. Le
confort de chacun s’est amélioré au détriment de notre
patrimoine et de nos traditions.
D’un point de vue général, je
préfère notre vie contemporaine, même si concernant
l’éducation des jeunes, les choses sont critiquables…»
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Jacob Nielsen
Storch |
«…Personne
ne sait ce que le futur nous réserve, on peut juste imaginer
qu’elles seront différentes. Il y aura certainement de
nouveaux insectes, de nouveaux poissons, on peut même
imaginer un Groenland sans glace et sans banquise. À ce
moment-là, il nous faudra nous adapter, l’homme est ainsi
fait, qu’il soit Groenlandais ou autre…
…Contrairement
à d’autres pays, nous n’avons pas une vue purement
économique de notre environnement. Nous ne chassons pas ou
pêchons plus que nous ne pouvons consommer. Nous avons la
volonté de garder les espèces qui sont dans les océans et
les animaux qui nous entourent pour les générations futures.
Nous n’avons pas besoin de textes ou de réglementations
pour nous dire comment fonctionner, nous possédons cela à
l’intérieur de nous depuis des millénaires…»
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Ilannguaq
Egede |
«…L’hiver
dernier, avec la bonne qualité de la banquise, j’ai commencé
l’entraînement d’un attelage de chiens. Comme moi, mes
chiens sont débutants. Ça n’est pas facile de guider un
attelage. J’étais la risée des anciens. Avec plus
d’expérience, j’espère progresser l’hiver prochain et ainsi
à terme, améliorer mes revenus avec la pêche sur la
banquise, et pourquoi pas, plus tard, avec des touristes.
J’espère simplement que la glace soit au rendez-vous…»
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Karl Kristian
Kruse |
«…De nombreuses baleines passent près
de nos côtes. Elles sont d’ailleurs en augmentation, à
l’exception des bélugas qui ont disparu. Nous n’en
connaissons pas la raison, mais il est évident que quelque
chose a changé et que leurs habitudes en ont était modifié…»
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Polas Lyberth |
«…Cet
hiver fut exceptionnel avec des conditions que nous n’avions
plus eues depuis très longtemps. Par endroits, nous avions
près d’un mètre d’épaisseur. Pour vous dire, nos taxis
reliaient le village de Saatut, distant de 23 kilomètres,
par la banquise…»
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Kalissi
Kristen Trolle |
«…Au début,
c’était exceptionnel, maintenant cela tend à se répéter avec
des fréquences de plus en plus régulières. À ce moment-là,
notre maison est secouée de toute part, par de violentes
rafales. Auparavant, je ne m’étais jamais inquiété pour
notre maison…
…Mon
pantalon est en peau d’ours, ma veste en peau de chien.
Mais de nombreuses traditions se perdent, nos jeunes ne sont
plus à même de réaliser ces habits. Les jeunes filles ne
savent plus coudre. Nos bottes viennent du Canada. J’ai
alerté notre communauté de cette situation. Nous pourrions
mettre en place des ateliers pour perpétuer notre savoir,
mais cela ne semble guère les intéresser…»
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Edvard
Samuelsen |
«…ce vent chaud chasse la neige tombée sur la banquise. Les
chiens ne peuvent pas courir sur la glace, ils ne peuvent
pas non plus se réhydrater avec la neige comme ils le font
d’habitude.
Ma
principale préoccupation est de voir la neige disparaisse
complètement. Se déplacer sur la banquise serait alors
impossible, nous serions contraints d’abattre les chiens
devenus inutiles…»
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Aqqaluk
Karlsen |
«…dans de nombreux villages, nous manquons d’enseignements.
Cela nous oblige à envoyer les enfants à l’âge de 13 ou14
ans dans les grandes villes comme Upernavik pour continuer
leurs études. Pour les suivre, les parents quittent le
village et vont s’installer avec eux dans les grandes
villes…»
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Martin
Rasmussen |
«…D’un point de vue économique, nous
travaillons beaucoup, mais notre pouvoir d’achat ne suit
pas. Les taxes ont fortement augmenté, cela nous affecte au
quotidien.
Les réglementations européennes nous
causent beaucoup de tort, car nous ne pouvons plus vendre
les peaux de phoques. Certains mois, où elles sont restées
invendues.
Il devient de plus en plus
difficile de vivre dans les petits villages…»
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Samuel Knudsen |
«...Le phoque était précieux et vital , nous l’utilisions pour
nous nourrir et pour nous chauffer également. Aujourd’hui,
c’est simplement une nourriture parmi d'autres. Les gens ne
recherchent plus le phoque, ils recherchent le travail…»
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Jens Otto
Rasmussen |
«…Le
village ne peut pas fournir des emplois à tout le monde, les
personnes sans activité doivent impérativement se
débrouiller seules et vivre de la pêche et de la chasse.
Pour cette raison, de plus en plus de personnes quittent le
village et se déplacent sur les grandes villes où les
opportunités professionnelles sont plus importantes. Nous
étions deux cent vingt habitants, contre cent soixante-dix,
aujourd’hui.
L’aspect économique aggrave
la situation, le poisson est acheté neuf couronnes le kilo
au pêcheur, le prix est inchangé depuis une quinzaine
d’années, alors que le coût de la vie, n’a cessé d’augmenter…»
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Bent Petersen |
«…D’un point de vue politique, les choses vont trop vite à mon
goût. Le gouvernement sera tenté par l’exploitation des
ressources pétrolières et minières. Je préfèrerai, des
investissements sur les énergies renouvelables. Les dégâts
causés par ces futures exploitations pourraient mettre à
mal, notre pays déjà fortement affecté par des évolutions
climatiques…»
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Lars Petersen |
«…Nous
sommes de plus en plus contraints d’utiliser nos bateaux
pour chasser pendant l’hiver. L’été arrive plus tard, le
mois de juin est plus froid. Mai, est le mois le plus
critique de l’année, je n’ai pu sortir qu’à deux reprises :
la glace n’est pas assez épaisse pour pouvoir s’y aventurer
avec les chiens, mais elle ne laisse pas pour autant passer
nos embarcations. Ceci, ajouté aux conditions météo, les
opportunités de chasse sont vraiment limitées…»Lire
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Finn Pedersen |
«…Jusqu’en
1993, les motoneiges étaient interdites sur la banquise et
l’on se déplaçait uniquement avec des attelages. Il y avait
alors plus de chiens que d’habitants sur Upernavik. J’ai
moi-même eu des chiens, mais comme pour de nombreuses
personnes, les dernières années, je pouvais plus aller avec
eux sur la banquise. Ils ne m’étaient d'aucunes utilité. Il
fallait les nourrir à ne rien faire…»
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Emil Bahri |
«…pour
ma part, l’éducation est un secteur essentiel qui nécessite
un véritable plan. Nombreux sont les élèves à arrêter leurs
études à l’âge de quatorze ou quinze ans, dès lors que
l’enseignement n’est plus obligatoire. Ceux qui continuent
leurs études sont contraints d’aller au collège dans les
grandes villes du sud. Ils sont de ce fait, loin de leur
famille et coupé de leur environnement. Ils se retrouvent
face à des professeurs Danois qui, pour la plupart, ne
parlent pas leur langue…»
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 Henriette
Rasmussen |
« …Autrefois,
les Inuits savaient déceler chaque signe de changement
météorologique, ce qui leur permettait de voir le temps pour
les jours suivants...»
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