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Jens Otto RASMUSSEN – Assistant-manager à la boutique de
Kangersuatsiaq – Latitude 72 00 N – Longitude 055 32 W
170 habitants
Propos recueillis en juin 2009
Les pêcheurs prenaient plus de poissons pendant l’hiver,
maintenant la situation s’est inversée, les prises sont
plus importantes en été. Cela est dû au réchauffement de la
mer. La banquise est devenue trop mince et il est beaucoup
plus difficile de pêcher pendant cette période. L’hiver
devient une véritable préoccupation. De nombreux habitants,
ont alors du mal à nourrir leurs chiens. La chasse au phoque
initialement faite sur la banquise ne peut plus se pratiquer
de la sorte. Il faut attendre le printemps pour pouvoir
chasser quelques phoques depuis les embarcations.
Le village ne peut pas fournir des emplois à tout le monde,
les personnes sans activité doivent impérativement se
débrouiller seules et vivre de la pêche et de la chasse.
Pour cette raison, de plus en plus de personnes quittent le
village et se déplacent sur les grandes villes où les
opportunités professionnelles sont plus importantes. Nous
étions deux cent vingt habitants, contre cent soixante-dix,
aujourd’hui.
L’aspect économique aggrave la situation, le poisson est
acheté neuf couronnes le kilo au pêcheur, le prix est
inchangé depuis une quinzaine d’années, alors que le coût de
la vie, n’a cessé d’augmenter. Un autre signe de
réchauffement observé est l’apparition d’abeilles. Elles
étaient inconnues sous ces latitudes. Seuls, les mouches et
les moustiques faisaient leur apparition sur les mois d’été.
L’économie et l’état de la banquise sont sans aucun doute,
les préoccupations majeures de notre communauté. Nous
n’avons jusqu’à présent jamais eu d’accident sur la glace
pendant l’hiver, l’été reste bien plus dangereux. En 2006,
deux accidents mortels consécutifs à des chutes depuis des
embarcations motorisées ont affectés le village. |