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Ole LINDHARDT – Informaticien

Nuuk – Latitude 64° 10’ N – Longitude 051° 44’ W

18 000 habitants

Propos recueillis en septembre 2010

 

Le Groenland a été colonisé par le Danemark pendant de nombreuses années. Et une des pires choses qui s’est produite est que les gens qui étaient déplacés des petits villages vers les villes étaient relogés dans des immeubles sordides et dans des petits appartements où ils devaient y vivre. Mais ces maisons n’étaient pas les leurs. Ils n’avaient donc aucun respect pour l’endroit où on les avait déplacés. Ils se retrouvaient comme des animaux en cage. Nous tournons maintenant le dos à cette période. Ce qui est une des choses les plus positives dans la société groenlandaise en ce moment. Les gens commencent à accéder à la propriété. Cela engendre une réaction en chaîne. Ils aiment la maison dans laquelle ils vivent, ils souhaitent aller travailler, car ils ont des emprunts à rembourser. Du fait, les gens sont plus organisés, ils prennent soin de leurs enfants, les enfants ont une meilleure éducation, et ainsi de suite. Et grâce à cela, les choses se passent de mieux en mieux. Ils auraient dû démarrer cela 50 ans plus tôt. La cause de nos problèmes d’aujourd’hui est de toute évidence un problème de frustration. Les frustrations ont tenu et tiennent toujours leur rôle majeur dans la société groenlandaise. Ne pas avoir son propre pays : l’an dernier nous avons évolué vers une autonomie renforcée, mais nous ne sommes pas pour autant un pays indépendant pour le moment. Et la question reste posée, si nous y parvenons un jour. Je rencontre beaucoup de personnes qui souhaitent être indépendantes et diriger elles-mêmes le pays. Je respecte énormément leur opinion. Mais je rencontre aussi beaucoup de personnes qui pensent que nous ne sommes pas prêts à diriger le pays au vu de la situation actuelle. Et je constate qu’il y a beaucoup de raisons pour abonder dans leur sens. Je pense que nous devrions prendre les choses dans l’autre sens. Faisons en sorte que tous les gens aient leur propre maison, qu’ils prennent soin d’eux, qu’ils apportent une bonne éducation à leurs enfants. Nous pouvons avoir les meilleures écoles ici. Élevons nos enfants de la meilleure façon possible, et de cette façon, nous apprendrons à notre population et à notre pays à prendre soin de lui-même et comme cela devenir indépendant. Donc, plutôt que de commencer par la fin, commençons par le début. Et faisons en sorte de pousser au loin cette question. Si nous faisons cela, les choses se feront naturellement, car ainsi oui, bien sûr, nous pourrons prendre soin de nous et des intérêts de notre pays. Ce serait la meilleure et la plus importante proposition que je pourrais faire à tous hommes politiques. Je pense que nous devrions mettre toutes les ressources disponibles au Groenland dans l’éducation. Car nos enfants sont aujourd’hui la seule ressource que nous ayons au Groenland.

Les prospections minières n’ont encore rien donné de significatif. Il n’y a encore aucun profil notable qui s’en dégage. L’industrie pétrolière est prometteuse, mais là aussi tout reste à voir. Nous aurons de toute évidence besoin de personnes éduquées et formées pour travailler, entretenir, et diriger les différents secteurs de ces entreprises.

Pour l’instant, le mot d’ordre devrait être l’école en premier. Lorsque j’ai commencé mon éducation, mes parents avaient le choix, et on leur posait la question : "Souhaitez-vous que votre enfant ait une éducation en danois ou en groenlandais ? " De ce fait, les enfants qui avaient choisi l’éducation en groenlandais avaient un professeur groenlandais et de ce fait ils avaient et ils ont toujours un niveau d’éducation très bas. Ce n’était plus un argument politique fondé sur aucune base. Ce choix nous handicape encore aujourd’hui. Il est vraiment vraiment regrettable. Les enfants qui avaient opté pour l’option danoise avaient quant à eux les meilleurs professeurs danois que l’on puisse imaginer. Le niveau était un niveau européen élevé, et ils nous suivaient du primaire jusqu’à la fin de nos études secondaires et universitaires. Je peux maintenant dire que nous avons eu une très bonne éducation à travers ce choix d’enseignement. Je vivais alors sur Aasiaat. Aasiaat a toujours été une ville d’étudiants. Dans les années 1960, l’école où je suis allé comptait 1 200 élèves venus de tout le Groenland. Car les enfants du nord et ceux de la côte est étaient regroupés ici. Nous avions donc une grande école avec des instructeurs qualifiés. Et cette division entre l’enseignement groenlandais et l’enseignement danois n’était en fin de compte qu’une division de notre société entre le groupe A et le groupe B. Il n’y avait aucune restriction pour les Groenlandais d’aller dans les classes danoises, mais les Groenlandais ont naturellement privilégié un enseignement en groenlandais. Maintenant cela ne se passe plus comme ça, le système est mixte dans une seule classe. Et cela est mieux pour tout le monde. Mais je le répète mettons toute notre énergie dans l’éducation.  

J’ai grandi au Groenland et j’ai vécu ici toute ma vie. Je peux constater les effets dévastateurs de l’alcool sur les Groenlandais y compris ma propre famille. Il doit y avoir certainement une similitude entre les esquimaux groenlandais et les esquimaux canadiens, les Indiens, les aborigènes, les Russes. Leur organisme ne le supporte pas. Il y a de toute évidence quelque chose qui se passe lorsqu’ils boivent. Ils ne savent pas s’arrêter et continuent à boire et à boire. Beaucoup plus que n’importe quelle personne normale ne le ferait. Ils perdent ainsi le contrôle d’eux-mêmes et deviennent fous. Nous discutons souvent ici de la cause de ce problème au Groenland. Je ne pense pas que l’évolution de la société soit l’unique raison de ce mal. Il y a beaucoup de facteurs. Si on regarde ce qu’il s’est passé sur les îles Féroé, il y a aussi eu beaucoup de changements dans leur société. Par contre, si on regarde à quand remonte le dernier homicide, il s’est produit il y a 25 ans de cela. Nous sommes très loin de ce chiffre au Groenland. Pourtant, leur population est à peu près égale à la nôtre et ils boivent autant que les Groenlandais, mais ils ne vont pas jusqu’au stade final et parviennent à garder le contrôle d'eux-mêmes.

Ici toutes les générations sont concernées, des jeunes jusqu’au plus vieux. Néanmoins, je vois de plus en plus de gens sortir de cette emprise. Les gens sont aussi plus vigilants.

Nous avons déjà évoqué le problème de frustration. Une de ces conséquences est que nous avons un des taux de suicide les plus élevés au monde. Avec moins de 60 000 habitants, nous avons près de 80 suicides par année. On voit comme ça des vagues de suicides principalement des jeunes principalement des hommes. Je ne suis pas psychologue, mais il y a certainement le fait que ces jeunes se retrouvent dans une position où ils ne savent pas réellement qui ils sont, ils sont entre deux cultures, et ils n’apprécient pas la situation dans laquelle ils se trouvent. Les filles sont moins concernées par ce fléau, elles sont bien éduquées avec des règles précises à tenir. Elles sont préparées pour tenir plus tard un foyer, et ne sont pas autorisées à faire autant de choses que les garçons. Les garçons ont quant à eux le droit de faire ce qu’ils veulent quand ils sont petits. Et tout ce qu’ils font est fantastique. Ils sont le centre du monde, et tout leur est permis. Au final et dans des cas extrêmes, nous voyons des garçons capables de terroriser toute leur famille. Pendant toute leur jeunesse, ils ont été idéalisés et mis sur un piédestal par leurs parents. Le choc est donc violent lorsqu’ils rentrent dans la vie active et qu’ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus le centre du monde, tout ce qu’ils font n’est pas fantastique, qu’il faut se battre, et prouver ses compétences.

La façon dont les parents éduquent leurs enfants joue ici un rôle majeur. Je pense que le monde s’est réellement ouvert et que toutes les influences nous arrivent ici comme partout. Cela au travers de la télévision, d’Internet, des radios, des films, nos jeunes sont maintenant bombardés par toutes ces nouvelles images. Ils sont comme tous les enfants du monde, ils veulent s’identifier à ceux qu’ils voient. Cela peut être avec les nouveaux téléphones, un nouvel ordinateur, des nouveaux habits, toutes les choses que la société moderne produit. Cette tendance se ressent particulièrement ici à Nuuk, la capitale, où il y a plus de travail et où les gens ont plus d’argent. On voit souvent des jeunes conduire d’imposantes voitures, porter des habits tendance, des lunettes que je n’oserais me payer. Cette situation a toujours existé, mais il semble que ces trois dernières années, elle a réellement empiré.

La ville de Nuuk est principalement composée de familles issues d’origines mixtes principalement un père danois et une mère groenlandaise. Ils ont eu une bonne éducation, ils sont allés dans des bonnes écoles, certains dans des écoles au Danemark et dans des universités. Cela est très bien et nous voyons ces enfants revenir du Danemark avec cette bonne éducation et tenir des postes qualifiés de dentiste, infirmière ou autres emplois de ce genre. Bien sûr ce n’est pas la majorité, mais ce pourcentage augmente d’année en année et c’est très positif.

Quand je regarde les amis de mon fils qui atteint maintenant ses 18 ans, ceux de sa génération sont de loin beaucoup plus éveillés que nous ne l’étions à leur époque. Ils parlent beaucoup mieux anglais, connaissent beaucoup mieux le monde. Ils suivent l’actualité, et le Groenland n’est peut-être pas suffisant pour eux. Ils sont prêts à conquérir le monde plus que nous ne l’étions. C'est très positif. Cela est dû à l’influence de la télévision, d’Internet, de leurs études. Bien sûr, ils sont beaucoup mieux préparés que nous l’étions à leur époque. Il est évident qu’avec cette ouverture sur le monde, leurs connaissances et leurs formations, il leur sera difficile, voir inimaginable de faire carrière dans un petit village du Groenland. C’est une autre grande discussion, car avec les principes d’une société moderne, personne ne veut vivre dans une petite communauté. Les jeunes qui retournent au Groenland après leurs études ne veulent pas aller s’implanter dans les petits villages. Ceux-là sont doucement, mais inévitablement voués à être abandonnés. L’abandon des petits villages est une discussion qui revient à la surface régulièrement. C’est une question très délicate pour les Groenlandais, car il y a aujourd’hui dans notre société des personnes qui ont déjà vécu ce traumatisme d’être déplacés par la fermeture de leur village. Peut-on aujourd’hui imaginer avoir vécu et grandi dans un village et que celui-ci après ordre du gouvernement soit évacué et que vous soyez contraint de vivre dans un autre endroit. C’est une chose terrible que de dire à une famille : "vous ne pouvez plus vivre ici vous devez partir". Leur réponse sera : "ici est notre endroit, ici est notre vie, ici est notre maison, ici sont nos racines !"  Cette discussion revient de plus en plus fréquemment et avec elle un débat lourd et chargé d’émotions. Récemment dans un débat politique, une main s’est levée pour dire : "ne serait-il pas judicieux de fermer ces sept ou huit villages avec seulement 45 habitants, si nous souhaitons réaliser des économies".  S’en est suivi un énorme brouhaha dans l’assemblée, avec une réponse catégorique : "Non, nous ne pouvons pas le faire."  Mais cette question reste en suspens. Personne, pas même moi-même peut aujourd’hui dire qu’elle est la nouvelle identité du Groenland. Mais je vois le pays grandir telle une Nation. Et que nous devenons de plus en plus indépendants. Et je vois des changements dans le bon sens, et cela tous les jours. Il y a de l’espoir, mais la route est encore longue.

Nous avons des contacts privilégiés avec le Nunavut et les côtes du Canada. Nous connaissons leur situation. De ce fait, nous pouvons mieux apprécier les problématiques économiques et sociales liées à l’exploitation pétrolière et minière auxquelles nous allons être confrontés. Nos politiques connaissent les problèmes qu’ont subi et que subissent toujours nos amis du Canada. Je pense que le gouvernement travaille dur pour éviter de faire les mêmes erreurs. Car nous le savons, leur approche a été une erreur.

L’avenir nous dira s’ils en ont réellement tiré les leçons et comment les choses se passent dans la réalité. Notre société est en droit de se poser des questions. Nous avons de nombreuses inquiétudes : la première est celle que j’ai évoqué tout à l'heure concernant le niveau d’éducation. Aujourd’hui, de nombreux travailleurs danois viennent régulièrement faire des travaux ou tenir des postes que nous ne sommes pas à même d’assumer nous-mêmes. Nous aurions dû faire beaucoup plus d’efforts pour faire en sorte que nos jeunes soient mieux formés pour tenir ces postes. Il est vrai que nous sommes de par le nombre, peu nombreux, et qu’une petite population de moins de 60 000 habitants doit se battre pour faire entendre sa voix dans cette grande compétition.

Nous sommes un pays fragile sur plusieurs plans. La culture, le langage. Nous ne sommes pas très nombreux et beaucoup de choses sont nouvelles pour nous. Le Groenland a établi une position dans le monde comme quelque chose d’unique. Et j’ai beaucoup d’espoir pour le pays. Mais pour sur les choses ne seront pas faciles. Cela demandera beaucoup de durs labeurs. Pour cela, nos politiques devront mener la bataille face à l’avidité des autres pays, ils en ont les moyens. Nous avons eu le même parti politique pendant pratiquement une trentaine d’années. L’alternance est arrivée il y a deux ou trois ans de cela et cela a engendré une période très intéressante. Il y a beaucoup d’espoir au bout du tunnel.

Aujourd’hui, tout se concentre autour de la capitale. Si l’on prend par exemple la deuxième et la troisième ville du pays, les deux confondus restent plus petites que Nuuk. Les petits villages doucement deviennent de plus en plus petits. Tout se concentre sur la ville. Et la discussion que le pays doit entamer est : "doit-on continuer et subvenir aux besoins des petits villages ?" Leur apporter l’électricité, le pétrole, les infrastructures et la maintenance qui coûte une fortune et parfois pour seulement une cinquantaine de personnes.

Je pense que nous ne faisons pas assez d’efforts pour attirer des touristes dans le pays. Si l’on regarde un pays comme l’Islande. Tle monde sait où l’Islande se situe. Si l’on dit "Greenland", ils ne savent pas où cela se trouve. Ils le placent parfois dans l’hémisphère sud. Ils nous demandent si nous avons des pingouins chez nous. Les Islandais ont su se vendre et communiquer. L’industrie du tourisme est chez eux très solide et bien établie. Ils ont les infrastructures et l’on peut accéder à l’Islande depuis le monde entier. Et accéder au monde entier depuis l’Islande. Ce n’est pas le cas du Groenland qui a été trop longtemps desservi par une seule compagnie. A l’exemple des Islandais, nous devons faire de gros efforts dans ce sens. Il y a quelques expériences réussies concernant le tourisme au Groenland. La ville de Kangaamiut en est un exemple. Vous pouvez aller là-bas, et faire du ski d’été, pas très loin. De nombreuses richissimes personnes payent pour cela. Ces initiatives sont très positives.

Un des problèmes que rencontre l’industrie du tourisme est le problème que j’ai rencontré avec ma propre activité de kayak. C’est que cela fonctionne trois ou quatre mois par an. Et que nous sommes très dépendants de la météo. Nous ne pouvons dire : nous avons une activité de mai à septembre et la considérer comme une activité à plein temps. Car il nous reste les autres huit mois où nous devons vivre et payer nos charges. C’est un des problèmes que rencontre l’industrie du tourisme. Si l’on regarde les gros bateaux de croisière, qui arrivent avec des milliers de touristes, que veulent-ils voir ? Ils veulent voir de la culture groenlandaise. Pourquoi ne leur montre-t-on pas de la culture groenlandaise. La raison en est que les gens qui peuvent connaître ou leur montrer la culture groenlandaise sont simplement en train de travailler. Ils ne peuvent pas prendre de jours de congé et se libérer pour accompagner les touristes lors de leur venue. Leur montrer des séances d’esquimautages groenlandais, des danses folkloriques et autres activités de la sorte. Cela est regrettable, mais c’est un sujet que nous avons évoqué et débattu avec l’office du tourisme. Nous avons aussi parlé avec les politiciens à ce sujet ils sont conscients du problème. Faut-il donner des jours de congé aux gens qui sont à même de faire vivre l’industrie du tourisme ? Mais d’un autre côté, l’employeur a besoin d’effectif stableIl y a réellement un point d’équilibre avant de pouvoir vivre du tourisme.  

Nous sentons réellement le climat changer. Si l’on se déplace dans le nord là où les gens se déplaçaient avec leurs chiens et leurs attelages, on peut se rendre compte qu’il y a maintenant une très grande frustration. Car cela est terrible pour eux, ils avaient l’habitude de se déplacer avec leurs attelages et aller chasser les phoques sur la banquise, ou aller pêcher. Ils ne peuvent plus le faire maintenant. Ils ne peuvent que se séparer de leurs chiens, les abattre, car ils ne peuvent plus les utiliser. Et cela est allé très vite.

C’est simplement incroyable. Je me rappelle en l’an 2000, il y a simplement 10 ans. Nous avions les championnats nationaux de chiens de traîneaux sur la ville d’Aasiaat et sur la banquise. Et seulement quelques années plus tard, il n’y a plus de banquise, il n’y a plus de glace. Il n’y aura plus de compétitions à cet endroit. Il faudra les faire sur la terre ferme, sur des villes comme Ilulissat, Qasigiannguit, Sissimut. Des endroits où ces compétitions peuvent se pratiquer sur la terre ferme. Cela est certainement dû au réchauffement planétaire pour que la situation change aussi vite. Sur cette période, nous avons vu la glace diminuer d’année en année. Nos étés deviennent plus chauds, les hivers deviennent de plus en plus instables.  Nous avons encore pas mal de neige, mais nous avons aussi des fortes périodes de chaleur et de vent pendant l’hiver. De ce fait, la glace et la neige disparaissent. Nous avons eu de la pluie en février. Quelques années auparavant, nous avons eu tellement de pluie pendant la journée de Noël, que les enfants pataugeaient dans la boue. Les changements climatiques arrivent ici à très grande vitesse. Je peux réellement sentir les effets d’année en année.

De ma fenêtre, je peux apercevoir un glacier. Lui aussi diminue à vue d'œil, d’année en année. Mais cette année, sa surface a diminué d’au moins 25 %. Et paradoxalement dans le sud du pays, il y a maintenant d’énormes étendues de cultures. 70 tonnes de pommes de terre ont été produites le mois dernier. Cela n’était jamais arrivé. Nous produisons maintenant des salades. Il y a bien sûr beaucoup de moutons. Ils utilisent les effets positifs du réchauffement climatique là-bas. Et la pomme de terre groenlandaise à une particularité : elle a été étudiée et c’est aujourd’hui la pomme de terre la plus saine du monde. On n'y a décelé aucune maladie, aucun parasite. Il n’est pas nécessaire de la traiter comme cela se fait en Europe.

Il y a des histoires drôles qui ont circulé dans le nord du pays, je pense, qu’il s’agit de Siorapaluk, le village le plus au nord du Groenland. Un chasseur a dit à un professeur que le changement climatique avait augmenté d’une journée le nombre de jours de soleil sur le village. Le professeur a répondu :  "ce n’est pas possible !". Le chasseur : "oui, bien sûr c’est possible. La nuit polaire dure maintenant une journée de moins ! Le soleil arrive réellement en un jour plus tôt car le glacier sur la montagne a fondu ! Et nous fêtons maintenant l’arrivée du soleil un jour plus tôt."

 Cela peut faire rire, mais pour combien de temps ?

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