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Lars PETERSEN – Chasseur

Upernavik  - Latitude 72 46 N – Longitude  056 09  W

1.300 habitants

Propos recueillis en juin 2009

 

Il y a une quinzaine d’années, au large, la banquise faisait une cinquante de centimètres, elle n’en fait que quinze aujourd’hui. Elle était présente de décembre à mai, soit la moitié de l’année contre deux mois maintenant. Et sur ces deux mois, les conditions de la glace ne sont pas sûres. Il est possible d’avoir des problèmes avec les chiens, et la glace peut facilement céder par endroits. Cette situation affecte aussi la faune. Nous avons beaucoup plus d’ours polaires. Ceux-ci trouvant leur condition de chasse et de survie meilleure sur nos côtes. Il y a aussi beaucoup de baleines boréales qui remontent jusqu’ici, avant elles restaient plus au sud. Depuis deux années, nous les voyons suivre les bancs d’ « amacets » eux aussi plus nombreux.

Il y a vingt ans, les températures étaient bien plus froides, elles sont remontées à partir des années 2000. Nous avons eu quelques variations à la baisse, sans pour autant atteindre les températures du passé. Nous sommes de plus en plus contraints d’utiliser nos bateaux pour chasser pendant l’hiver.  L’été arrive plus tard, le mois de juin est plus froid. Mai, est le mois   le plus critique de l’année, je n’ai pu sortir qu’à deux reprises : la glace n’est pas assez épaisse pour pouvoir s’y aventurer avec les chiens, mais elle ne laisse pas pour autant passer nos embarcations. Ceci, ajouté aux conditions météo, les opportunités de chasse sont vraiment limitées.

Je suis inquiet par rapport à toutes les restrictions européennes, qui entravent notre mode de vie, d’autant plus que pour une grande partie, elles ne sont pas fondées. Les scientifiques annoncent des espèces en danger, alors que nous les voyons augmenter.

La nouvelle autonomie du Groenland devrait, je l’espère, améliorer les choses, car les décisions seront prises en concertation avec les Inuits, et donc plus en harmonie avec la réalité du terrain.

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