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Pilunnguaq OLSEN – 24 ans étudiante en journalisme
Atammik – Latitude 64° 48’ N – Longitude 052° 10’ W
233 habitants
Propos recueillis en août 2010
Les jeunes
adolescents souhaitent se réaliser au travers d’activités
qui les passionnent, tel le chant, la musique, les films et
le théâtre. En ville, certains jouent dans les bars pour se
faire de l’argent de poche. Certains entament des carrières
de chanteur ou de musicien. Parallèlement, à leurs hobbies,
nombreux sont ceux qui continuent leurs études dans
l’enseignement. Le pays a besoin d’enseignants, et un
diplôme est toujours suivi d’un emploi. Il n’y a pas de
travail dans le village. La pêcherie a fermé. J’espère que
nos politiques seront à même d’apporter des solutions pour
les villages comme le nôtre. Dans mon entourage, mes amis
font des études pour être avocat, docteurs et cuisiniers. De
fait, ils devront exercer en ville. Nos hommes politiques
s’améliorent, mais nous avons toujours besoin du Danemark.
Nous ne sommes pas prêts. Il nous faut encore apprendre
individuellement et collectivement à prendre soin de nous.
Personnellement, je poursuis des études pour être
journaliste. Je suis impatiente de découvrir le monde.
J’aimerai voir des pays différents du nôtre, comme l’Inde,
l’Afrique, et bien sûr des grandes villes telles que New
York, Los Angeles, Londres ou Paris.
Les étés
deviennent de plus en plus chauds. L’herbe est sèche, et les
caribous sont plus maigres que d’habitude. La sécheresse
occasionne de plus en plus d’incendies. Le monde devrait
être plus respectueux quant à sa façon de vivre et à sa
façon de consommer. Les industriels dans le monde devraient
être sensibles aux dégâts qu’ils nous occasionnent.
L’an dernier, il n’y
avait pas de neige à Noël (2009). Je ne reconnais plus mon
pays. Si l’inlandsis continue à fondre, se sera difficile
pour tout le monde. Pour les animaux d’abord, mais surtout
pour les hommes. Le Danemark sera touché et des pays
risquent de disparaître. Un pêcheur de ma famille me dit
ramener de plus en plus de poissons contenant des matières
plastiques. Je trouve cela écœurant. On en trouve maintenant
partout sur nos plages. Les animaux en mangent, certains en
meurent. Il est urgent de réagir et de trouver autre chose.
Les enfants
passent beaucoup de temps sur internet. Certains jouent à
longueur de journée. Ils ne lisent plus, et ne sont pas
intéressés par les activités extérieures de leurs parents.
À
Nuuk, la capitale, il est de bon ton de parler danois. La
ville se veut d’être un modèle à l’Européenne. Cela devient
préoccupant, car de nombreux Groenlandais ne parlent plus
leur propre langue. Les professeurs sont qualifiés, ils
viennent du Danemark, mais ne parle pas le Groenlandais. La
langue reste pratiquée dans les villages, mais un grand
nombre de personnes vivent en ville. Petit à petit, notre
langue quitte le pays. Dans un sens, ce phénomène est
révélateur d’un besoin de modernité et de coupure avec le
passé. |