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Jess SVANE – Maire d’Ilulissat
Ilulissat – Latitude 69 13 N – Longitude 051 06 W
5000 habitants
Propos recueillis en septembre 2009
Une des plus grandes problématiques dans le Groenland
d’aujourd'hui est la communication entre les huit grandes
villes, et les 42 villages répartis sur la côte du
Groenland. Pour bien comprendre, il faut savoir que notre
littoral s’étend sur 44.000 kilomètres, ce qui est colossal.
Quand bien même, nous sommes tous Groenlandais, nous avons
des langues différentes, des cultures différentes, et des
attentes différentes. Dans le nord-ouest plus traditionnel,
on trouve plus de chasseurs. Dans le sud-ouest plus
industriel, des pêcheries, du tourisme, et l’on y débute
même l’agriculture. Selon un modèle établi à l’origine par
le Danemark, les services fournis pour chaque village sont
identiques, alors que les besoins sont en réalité
différents. Nos voies de communication sont exclusivement
maritimes et aériennes, et nous n’avons pas les facilités de
déplacement que vous avez en Europe. Les problèmes sont donc
multiples et pour les résoudre il nous faut communiquer.
C’est une idée moderne que de parler de changements
climatiques, pour ma part, ils ont toujours existé.
Maintenant, avec des instruments modernes, on en mesure
mieux l’ampleur et les variations. Concernant le glacier d’Ilulissat,
il est vrai que son front n’a jamais autant reculé, plus de
quinze kilomètres depuis 2001. Ce glacier, un des plus
actifs au monde, est sous haute surveillance.
Nous constatons une concentration de la population sur les
grandes villes. Cela n’est en rien un choix délibéré des
autorités. Ces déplacements se font pour des raisons
pratiques, principalement économiques, ou pour des raisons
d’éducation. L’enseignement est meilleur dans les grandes
villes,
les familles peuvent être tentées de suivre leurs enfants et
de s’y installer. Mais il ne faut pas généraliser. Dans les
petits villages, les habitants ont construit leur maison, et
investi leurs économies. Sans repreneur, car la demande est
très faible, il leur sera difficile d’investir une nouvelle
fois pour une maison en ville. Pour ces raisons et bien
d’autres, le maintien de petites communautés est toujours
d’actualité. Certaines voient même leur population croître,
alors que pour d’autres elles diminuent. Cela dépend du
dynamisme de chaque communauté. Certains cherchent des
solutions via le tourisme à l’exemple de Oqaatsut, ou
Ilamnaq en organisant des visites de pêcherie, et vente de
produits locaux ou par l’installation d’un restaurant.
Le Groenland est un pays difficile à vivre. Mais les
générations qui l’habitent depuis mille ans ont déjoué
maintes difficultés. Il en sera toujours ainsi. Les gens
sont satisfaits de vivre ici, ils sont ouverts et généreux,
et aiment partager leur nature avec les gens d’ailleurs. |