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Karl Kirstian KRUSE – Maire de la commune, Chasseur et pêcheur

Niaqornat – Latitude 70 47 N – Longitude 053 39 W

65 habitants

Propos recueillis en juillet 2009

 

Niaqornat a toujours été une communauté tournée vers la pêche et la chasse. Il y a encore peu de temps, la pêche était notre principale ressource économique.

Royal Greenland, la société gestionnaire de notre pêcherie a estimé, malgré la qualité des prises, que nos installations n’étaient pas rentables, principalement en raison de notre éloignement. La pêcherie a donc fermé, et cela représente un lourd handicap. Les pécheurs sont contraints de livrer leurs poissons au village voisin. Nous cherchons aujourd’hui une solution privée, mais elle tarde à venir.

En 2003, nous avons eu un bon hiver, avec une épaisseur de banquise tout à fait satisfaisante. Elle était alors présente de janvier à fin mai.

C’en est suivi jusqu’en 2008, une succession de très mauvaises années où, la mer restait libre jusqu’au mois de mars. Lorsqu’elle finissait par se former, la banquise était de faible épaisseur, inégale et dangereuse par endroits. Sous la banquise, des courants plus forts qu’auparavant, occasionnent des zones ouvertes qui ne gèlent pas.  Il nous a fallu attendre cette année (2009) pour avoir un véritable hiver avec des conditions, bien meilleures qu’en 2003. La situation n’est pas stable, et nul ne peut dire comment sera le prochain hiver.

D’un point de vue économique, l’Europe a multiplié ces dernières années, les réglementations concernant l’importation des produits de la chasse, quand bien même, certaines espèces ne sont pas menacées. Cela ajouté aux mauvaises conditions climatiques, les années passées ont été particulièrement difficiles pour tous. Nos deux secteurs d’activité sont menacés, si les choses restent en l’état, certains habitants seront contraints de quitter le village.

Compte tenu de ses faibles débouchés, la chasse représente une alternative mineure.

Nos chasseurs ont été amenés à aider les biologistes pour étudier les narvals. Il y a certes des possibilités de débouchés touristiques, mais nous manquons cruellement de savoir-faire. De nombreuses baleines passent près de nos côtes. Elles sont d’ailleurs en augmentation, à l’exception des bélugas qui ont disparu. Nous n’en connaissons pas la raison, mais il est évident que quelque chose a changé et que leurs habitudes en ont était modifié. 

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