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C'est fini
: Après
1103 kms, réalisés en 43 étapes, sachant que depuis plus
d'un mois, nous avons ralenti le rythme de notre
progression, compte tenu de notre confortable avance. Nous
avons comme prévu rallié notre destination, la ville de
Ilulissat dans la baie de Disko, le samedi 5 septembre, vers
17 h. Les kayaks ont été immédiatement rangés dans un
container dans l'attente du prochain périple. Nous allons
passés nos derniers moments sur Ilulissat, à ranger
correctement tout notre matériel, et à partager des moments
avec une famille Groenlandaise, que nous avons rencontré
récemment sur un bivouac. Notre arrivée est prévue le 12
septembre sur Monaco.
Merci à toutes et à tous, d'avoir suivi notre programme
pendant ces trois mois. Le site internet sera mis à jour
avec de nouvelles photos, ainsi que de tous les témoignages
recueillis au cours de ce parcours.
Contre glace et marées. De
Qeqetarq au glacier Eqip Sermia
N 69 59 W 051 17 - N 69 45 W 050 18
Du 21 au 27 août 2009
Un fort vent de Nord-ouest a soufflé
toute la matinée. Le fiord de Qeqertaq est méconnaissable
lorsque nous le quittons. Arrivé au cap Nugâq, jonction avec
l’icefiord Torssukatak, la situation est impressionnante. L’icefjord,
relativement libre à l’aller est maintenant chargé de glaces
dérivantes. Profitant de chaque ouverture, nous nous
engageons sur les six kilomètres de traversée qui nous
séparent du secteur le moins exposé, situé sur la rive
opposée. Tel un tapis roulant, un pack serré descend sur
nous, poussé par le vent et le courant. Dans ce labyrinthe,
les portes s’ouvrent et se ferment à intervalles réguliers.
La consigne est d’emprunter le même passage, afin de ne pas
se retrouver isolé. Évitant les blocs, nous ne progressons
qu’à très faible vitesse. Au bout de deux heures d’une
navigation des plus « chaudes », nous n’avons pas encore
atteint le milieu du chenal. Décision est prise de suivre le
courant, de faire demi-tour, et d’aller nous mettre à l’abri
dans la baie de Qeqertaq, en face du village.

Après une nuit froide et humide, c’est
avec la même détermination que le 22 août au matin nous
renouvelons la tentative. Il nous faut pagayé une heure
avant d’atteinte le cap Nugâq et connaître la situation du
jour sur le Torssukatak. Dans la partie basse de l’icefjord,
au lieu même où la veille nous avons rebroussé chemin, les
eaux semblent libres. Les glaces sont moins compactes.
Néanmoins, en amont, se profile une bande blanche uniforme.
Nous optons pour une navigation au milieu du chenal, afin de
pouvoir dévier librement d’un côté ou de l’autre en fonction
des évènements.Sous un ciel gris, faisant route à
contre-courant, glacés par une brise de face descendant du
glacier, nous avançons sans mot, conscients de la difficulté
qui s’approche. Deux heures plus tard, notre progression est
stoppée par une muraille aux crêtes dentelées qui,
lentement, avance sur nous. Nous cherchons un passage, mais
en vain. Forts de l’expérience de la veille, nous ne tardons
pas à prendre une décision. Nous n’avons fait que huit
kilomètres sur la vingtaine nécessaire pour sortir de cette
autoroute de glaces. Impossible de continuer dans ces
conditions, d’autant plus que le vent peut forcir à tout
moment.


À contrecœur, il nous faut nous rendre
à l’évidence. Nous ne passerons pas aujourd’hui. Nous optons
pour un contournement par le sud, par l’étroit passage du
Smallesund qui rejoint le chenal principal de la Baie de
Disko. Moyennant deux jours de navigation supplémentaires,
nous pouvons encore espérer rejoindre le glacier par la
route sud en remontant l’Atasund. Alors que traversant l’icefjord,
nous approchons de sa Rive-Sud, une ouverture en amont
apparaît. À mesure que nous avançons, la chose se confirme.
Changement de programme, et nouvelle tentative. Collés cette
fois-ci au versant abrupt du relief, nous progressons
lentement, mais régulièrement vers notre objectif. Seul,
vent et courant semblent vouloir retarder notre progression.
L’espoir renaît à nouveau. Dans l’après-midi, un ciel gris
et bas laisse place à des ondées éparses. Cela n’est pas
pour nous déplaire, car dans ces conditions, pas de risque
de vent thermique. A 17 heures, trente kilomètres sont
parcourus. Nous choisissons l’île Tasilik pour monter le
camp. Outre, son emplacement central dans la zone des
glaciers, elle offre l’avantage incontestable, d’être
étroite et d’avoir deux plages opposées. La plage Sud sera
notre sortie de secours. Le lendemain, au réveil, la
situation est époustouflante. La plage Nord est
impraticable, tout comme les dix derniers kilomètres du
fjord Koörnoq par lequel nous sommes arrivés. Tout n’est que
blocs de glaces, packs flottants, et ce, à perte de vue. Sur
une telle journée, nous aurions effectivement dû renoncer.


Chez l’habitant à Qeqertaq
N 69 59 W 051 17
Du 17 au 21 août 2009
Le 17 août, nous quittons
Appat, compte tenu d’une importante avance, (Ilulissat n’est
qu’à trois jours de navigation) nous retournons vers le
nord, direction le village de Qeqertaq que nous râlions dans
la soirée. Cela, après avoir traversé sans encombre l’icefiord
du Torssukatak, nous le verrons par la suite ce n’est pas
toujours le cas. Le village quant à lui, est masqué par
quantité d’icebergs accumulés sous l’effet du vent et du
courant. Dans ce labyrinthe, la meilleure façon de s’y
retrouver est de suivre le cheminement des embarcations. A
peine a t-on posé le pied à terre, qu’une habitante, nous
invite à séjourner chez elle. Immédiatement imité par son
voisin qui nous indique cette fois sa demeure. Finalement,
c’est chez Louisa, que nous posons nos affaires, ayant
préalablement remercié Jacob, son voisin. Louisa ne parle
pas anglais, la communication se fait malgré tout.. Comme
dans toutes demeures groenlandaises, les murs sont tapissés
de photos de famille. Ses enfants et petits enfants vivent
aujourd’hui dans différentes villes du pays. Confortablement
installés dans une des chambres de l’étage, nous retrouvons
un vrai lit et du chauffage. Après une nuit, perturbés par
ce confort inhabituel, c’est un véritable petit déjeuner,
qui nous attend. Sur un calendrier, nous prenons soin
d’indiquer à Louisa, que compte tenu d’une perturbation
météo, nous prévoyons un départ deux jours plus tard. Elle
nous fait comprendre qu’il n’y a aucun problème et que nous
pouvons rester aussi longtemps que nécessaire. Le salon est
rapidement transformé en bureau, depuis lequel, entre café
et biscuits, nous effectuons nos travaux informatiques.

Chaque jour, principalement
au dîner, Louisa nous confectionne un repas traditionnel
groenlandais à base de phoque ou de baleine. Entre deux,
elle nous convie à un buffet organisé en l’honneur d’un
couple fêtant ses 55 ans de mariage. Toute la journée, de
nombreux habitants du village viennent, comme nous, les
saluer et se joignent au buffet. Les soirées, à l’aide de
vidéos relatent les divers évènements qui tout au long de
l’année rythment la vie du village. Un soir, nous poussons
la porte, de ses voisins Eva et Jacob, pour un kafemik
(invitation à une pause café). Ils nous disent nous avoir
croisés sur le passage très agité du cap Nuussuaq quelques
semaines plus tôt, cela est peut être la raison de leur
prompte invitation. La soirée se poursuit devant la vidéo
qui ici, relate leurs exploits lors des compétitions de
chiens de traîneaux. Elle se termine par un grand moment, où
en deux temps, nous avons l’honneur de nous retrouver tous
deux revêtus de l’habit traditionnel groenlandais,
uniquement porté lors des grandes occasions. Le lendemain,
Jacob ayant dépecé un phoque, j’irai avec lui en bateau
nourrir ses chiens laissés en libertés sur une petite île au
fin fond du fjord à une douzaine de kilomètres de là. Lors
d’une sortie dans le village, par un ciel couvert et
venteux, nous avons la surprise d’apercevoir tout un
équipement de kayak. Effectivement, un peu plus loin, Marcus
et Tom, deux sympathiques kayakistes allemands, terminent
leur périple entamé trois semaines plus tôt depuis le Sud.
Nous échangeons bien sûr des informations, ils nous
indiquent la présence de nombreuses glaces dans le secteur
des îles menant au glacier Epiq Sermia, point de départ des
expéditions polaires de Paul Émile Victor. L’information
nous intéresse, car c’est justement là que nous comptons
nous rendre. Le 21, à la mi-journée, après quatre jours
passés à Qeqertaq, les kayaks sont chargés. Et c’est avec
beaucoup d’émotion que nous passons sous les fenêtres de
Louisa. De part et d’autre les bras s’agitent, le regard a
du mal à aller vers l’avant, mais c’est bien là qu’il nous
faut aller…

Dans le sillage des baleines - de
Saqqat à Appat
N 70 00 W 051 55 - N 69 45 W 051 18
Du 04 au 17 août 2009
Nous arrivons à Saqqaq sur le coup des
17h. Sur les conseils de Jeff, nous allons nous poser à
l’écart du village, sur sa partie Est, sur un immense
terrain en pente douce. La vue y est imprenable. A quelques
centaines de mètres, une ceinture d’icebergs masque
l’horizon.. Sur le terrain, une tente est déjà en place.
Flemming, un danois habitué des lieux, achève en ce début
août sa migration estivale. Comme après chaque parcours en
autonomie, Saqqaq est pour nous une ville étape où nous nous
réapprovisionnons en produits frais. C’est aussi l’occasion
de trier en d’envoyer nos images via la connexion Internet
du bureau de la commune. Nous sollicitons Flemming, afin
qu’il nous mette en relation avec deux groenlandais
représentatifs du village, afin de recueillir leur
témoignage. Jeff, nous a aussi informé de la présence de
Yann Lemoine, dans le secteur. Yann, pour nous avoir
conseillé avant notre départ, est en quelque sorte notre
parrain sur ce périple. Une rapide visite sur le site de
Grand Nord Grand Large nous donne ses dernières positions.
Effectivement, il n’est pas très loin. Nous obtenons son
numéro de téléphone satellite, et ses périodes de veille. A
18 heures précise, le contact est établi, et un rendez-vous
est matérialisé, sur deux zones de bivouacs potentiels.
Yann, revenant avec son groupe sur Saqqaq, nous ne pouvons
pas nous manquer.
Après une première journée en ville, de
retour à notre campement, nous constatons que la tente de
Flemming a été visitée. Elle est en effet en grande partie
déchirée. Certainement l’œuvre d’un chien en liberté. Nous
prenons alors grand soin de laisser tous les produits
alimentaires à l’intérieur des kayaks. Le lendemain,
Flemming prend sa mission à cœur nous organise deux
entretiens avec des locaux. Pour l’un d’entre eux, sa
présence en tant que traducteur, nous est indispensable. En
effet, Mr Adolf Eugenius Jensen qui cumule les fonctions de
prêtre, charpentier, chasseur, pêcheur, comme la grande
majorité des personnes rencontrées sur notre parcours ne
parle pas anglais. Ce jour, nous quittons Saqqaq et, comme
convenu, partons à la rencontre de Yann. L’étape, au vu de
la proximité des lieux de rendez-vous, se prête à de
nouvelles images au milieu des glaces. Soudain des cris
retentissent lorsque apparaît devant nous une flottille
d’imposants kayaks. La rencontre est émouvante, les
embrassades se font sur l’eau, nous ne tardons pas à
inverser notre route pour suivre le groupe, et rejoindre le
bivouac.

Après une sympathique cueillette de
cèpes, c’est autour d’un risotto maison, et au milieu des
fumées sensées repousser les mouches que nous échangeons nos
aventures et informations respectives. Le lendemain, chacun
reprend sa route, la notre nous mène sur Appat, une ancienne
station baleinière... Là, figés par le temps, une douzaine
de bâtiments pour certains en excellent état, donnent aux
lieux un charme irréel. La ville, anciennement appelée
Ritenberk était de loin, la plus importante de la région.
Nous nous installons dans la pièce
commune d’un ancien comptoir danois. Suspendues au plafond,
de nombreuses planches avec prénoms et inscriptions, une par
année, relatent depuis vingt ans la venue de groupes
scolaires en ce lieu. Nos affaires posées, profitant d’un
éclairage rasant, nous réalisons une série de photos des
divers bâtiments de cette ville fantôme. Et comme une
revanche sur le passé, surgit alors un duo de baleines. La
décision est prise, compte tenu de notre avance, nous allons
nous poser ici quelque temps. Le lendemain, après un frugal
petit déjeuner, nous partons en quête de l’eau. C’est sur
les hauteurs, passé deux anciens cimetières, que nous la
trouvons. Malgré l’été le plus sec depuis un siècle (il n’a
pas plus ici depuis plusieurs semaines), un lac aux
dimensions d’un terrain de football est encore présent. Du
coup, plus de soucis pour notre autonomie. De retour à la
station, profitant de la marée basse, nous nous offrons un
festin d’oursins, en guise de déjeuner, accompagné par le
souffle puissant des baleines qui passent et repassent, au
milieu du chenal. Vers 18 heures, nous nous équipons pour
une navigation ciblée. L’objectif, est de faire des photos
rapprochées des baleines. Quel plaisir d’embarquer dans un
kayak sans avoir à le charger. Naviguer à vide, procure des
sensations oubliées depuis longtemps. Immobiles au milieu du
fiord, nous guettons l’arrivée de nos visiteuses. Souvent
par groupe de deux, elles empruntent indifféremment l’accès
Nord et Sud du chenal. La suite, n’est que anticipation et
positionnement. Nous sommes le plus souvent à une quinzaine
de mètres d’elles. A cette distance, le plus impressionnant
est certainement la puissance de leur souffle. Encerclant
leurs proies de milliers de bulles, elles font parfois
surface, une nageoire en l’air, pour, par la suite, venir
battre la surface ce l’eau. Notre présence ne semble en
rien les déranger. Lorsque sur le même axe, leur route est
opposée à la notre, l’émotion est au maximum. Quelle vision
que de voir ce submersible, avancer lentement sur vous, et à
quelques mètres, vous éviter en passant sous le kayak. Nous
réalisons nos images, tout en essayant de ne rien perdre de
ces moments privilégiés. Lorsque le soleil, côtoie l’horizon
les couleurs resplendissent révélant un peu plus la magie de
ce lieu. Lentement, tels deux gardiens d’un soir, nous
regagnons, chargé d’images, notre village oublié. Trois
journées paisibles s’écoulent ainsi à Appat où nous fêtons
avec simplicité et harmonie, l’anniversaire de Nathalie.


Péninsule Arctique -
de Uummannaq à Saqqaq
Du 21 juillet au 4 août 2009
C'est à regret que nous quittons notre
petite cabane de tourbe, ses peaux de phoques, son plancher
en bois, son petit torrent tout proche, et son parterre de
fleurs sauvages. La tentation de rester une journée de plus
en ce lieu est grande. Mais, les dernières informations
recueillies sur Uummannaq font état de conditions beaucoup
moins favorables sur le mois d'août. Nous préférons avancer
et tourner la péninsule Nuussuaq avant cette période. Sur
cette côte, courants et
vents se renforçant à la mi-journée, que courants et vents
sur cette côte, nous commençons notre navigation plus tôt
que d'habitude. Nous avions beaucoup d'a priori concernant
ce secteur de notre parcours. Il était pour nous un point de
passage obligé, de côtes par endroits hostiles et mal
protégées avec d'interminables plages à surf le long d'un
chenal venté, avec une navigation principalement vent
debout. Bref un contour peu intéressant.
Chemin faisant, nos a priori
s'estompent à chaque coup de pagaies. Le paysage est
attrayant, il ne ressemble à rien de connu jusqu'à présent.
Sur la côte Nord-Est, un haut relief chapeauté de langues
glaciaires fini progressivement en pente douce jusqu'à la
mer. Annoncé par une eau marron, de nombreuses rivières
déroulent des torrents de galets. D'une largeur
impressionnante, les perspectives remontent à la verticale
jusqu'au massif, laissant imaginer ce que l'endroit peut
être lors des gros débits de printemps. Les plages se
succèdent ainsi tout au long de la journée. De pointe en
pointe, les baies se succèdent les unes après les autres. Il
nous faut régulièrement obliquer sur bâbord afin de ne pas
se retrouver en pleine eau, à plusieurs milles du rivage.Une
escale dans le petit village de Qaatsut tout proche de
l'aéroport de Uummannaq, et nous reprenons la mer. Les fins
de parcours se font systématiquement vent et courant de
face. Malgré l'entraînement, le physique s'en ressent, et
c'est avec satisfaction que l'on voit l'objectif du jour
progressivement se rapprocher.

Le 21 juillet au soir, comme un remake
d'une situation déjà vue, le col en latex de ma combinaison,
cède à nouveau à côté de la réparation déjà effectuée. Cette
fois-ci, plus d'hésitation, il nous faut le remplacer.
Malgré la fatigue, l'heure tardive, la faible luminosité,
c'est dans la foulée que nous attaquons l'intervention. A
deux heures du matin, l'opération est terminée nous pouvons
enfin aller nous coucher. Le lendemain, malgré une journée
radieuse, le réveil est tardif. La fatigue et une courte
nuit nous incitent à prendre une journée de repos. Le temps
de séchage de notre réparation sera ainsi largement
respecté. Au final, un remplacement correctement réalisé.

Nous embarquons le 23 juillet au matin,
pour le petit village de Niaqornat, que nous pensons
atteindre en fin d'après-midi. Cheminant face au vent,
chaque édifices de glace est propice à la pause. Arrivée en
vue de Niaqornat, alors que nous cherchons à nous poser sur
la plage Nord abrité du vent, nous nous faisons griller la
politesse par un immense ferry. Bons joueurs, nous accostons
sur la plage principale de l'autre côté de la presqu'île,
sur la partie Sud du village. Depuis quand les ferries
accostent-ils sur les plages ? En fait, le village accueille
ce jour, un groupe de croisiéristes. Sans débarcadère, le
seul accès possible pour eux est un accostage en zodiac sur
le secteur le plus protégé. Pour les 60 habitants, ce double
débarquement, est aussi un spectacle, d'un côté un troupeau
de touristes avançant en file indienne, de l'autre deux
kayakistes déguisés en spationautes. Pour l'accueil des
premiers prévu de longue date, l'ensemble du village est
présent. Certains sont vêtus de l'habit traditionnel ;
vestes de perles bordées aux couleurs chatoyantes, et short
et bottes en peau de phoque, pour les filles. Plus sobre,
une veste blanche à capuchon unie et pantalon noir pour les
garçons. Ilannguaq, un guide, parlant couramment anglais,
que nous prenons d'abord comme faisant parti de
l'organisation du ferry, mais qui est en fait un employé
municipal, nous invite à nous joindre à la visite, et à
prendre part aux diverses animations. Se faisant, tout le
monde se retrouve sur le petit port où café et cake sont à
notre disposition. L'intention nous réchauffe dans tous les
sens du terme. Dans ce cadre authentique, l'ambiance est
décontractée. Pour agrémenter l'ordinaire, les locaux
proposent sur des tables dressées à cet effet, quelques
objets artisanaux de leur confection, que les touristes
s'empressent d'acheter. Trois heures plus tard, notre petit
groupe de touristes, raccompagnés par les locaux, reprend le
chemin du ferry. Dans le village, tout se calme, seuls
restent deux kayaks et notre campement monté, bien à l'abri
entre les trois bâtiments d'un ancien comptoir danois
aujourd'hui désaffecté. Les deux jours suivants contrastent
avec l'euphorie de l'arrivée.

Le village est paisible, on y rencontre
que peu de monde. Ilannguaq (le guide) nous organise une
visite avec Karl Kristian Kruse, le Maire de la commune,
afin de lui remettre une médaille souvenir de la ville de
Monaco. Grand chasseur, ce dernier, au vu du nombre de ses
trophées, (quantité de cornes de narval, de peaux de
phoques, de bois de rennes, de têtes de morses, et d'une
imposante peau d'ours montée sur un cadre), nous conte la
vie au quotidien de sa petite communauté. La principale
préoccupation est la fermeture récente de la centrale de
pêche, cela malgré l'abondance et la qualité du poisson aux
alentours du village. La raison principale de cet évènement
est le manque de rentabilité compte tenu du coût du
transport et de l'éloignement par rapport à la ville d'
Uummannaq. Une solution privée est à l'étude, cela pourrait
ramener de nombreux habitants à revenir sur Niaqornat.
Dernier village avant d'entamer le tour de la péninsule de
Nuussuaq, et un nouveau parcours de deux semaines en
autonomie. Accompagné de notre guide, deux jours durant,
nous partageons la vie du village que nous quittons le 26
au matin. Au programme, le franchissement du cap, qui comme
le dit notre ami Paul risque d'être une partie de plaisir.
Néanmoins, cette première journée se passe sous les
meilleurs hospices. Une mer calme, nous voit cheminer au
pied des falaises encore à l'ombre jusqu'à la pointe
Nord-Ouest de la péninsule, que nous franchissons sans
encombre, sur une mer étrangement calme. Là, comme une
récompense n'arrive jamais seule, une magnifique morue vient
se prendre à notre ligne.

Le 27, sur une mer creusée par la houle
et le ressac, longeant la côte, de grandes quantités de
glace font une route inverse à la nôtre. A l'approche du cap
Kangeq, sur l'extrémité Nord-Est de la péninsule, au blanc
des glaces s'ajoute le blanc d'une mer qui se lève.
Impossible de le franchir dans ces conditions. Nous faisons
demi-tour sur trois kilomètres, afin de rejoindre une
longue plage de gros galets, où se situe une sortie de
rivière pouvant nous abriter. Là, tout l'après-midi, des
hauteurs surplombant la plage, nous guettons mais en vain
une amélioration. Et c'est dans le canyon, au bord du
torrent, que nous montons le camp. Nous nous réveillons tôt,
ce 27 au matin afin de réceptionner le mail de Searout, où
Michel notre routeur, comme chaque matin, nous informe de
l'évolution de la météo. Il prévoit un renforcement du vent
sur le coup des 11h avec une houle plus importante. Les
premières observations lui donnent raison. La journée est
morose, sous un ciel gris et venté, équipés de nos
combinaisons, parés à embarquer, nous guettons l'accalmie
qui nous permettrait de tourner le cap. Finalement, vers
20h, l'idée de nous voir remonter le camp et de passer une
nouvelle nuit en ce lieu, nous incite à nous mettre à l'eau.
Un rapide briefing quant à la façon de passer les surfs du
départ, et nous voilà dans le bain. Le ciel est bas, le vent
a diminué, la mer est complètement cassée, avec houle
croisée et vagues pyramidales. Nous avançons autant que nous
montons et descendons. Sorti de nul part, une petite
embarcation groenlandaise avec trois personnes à bord vient
droit sur nous (cette rencontre nous vaudra une invitation
trois semaines plus tard sur Qeqertaq). Nous essayons
d'obtenir des informations quant aux conditions passées le
cap, mais en vain. En réponse, ils nous photographient avec
leurs téléphones portables. La réponse vient à nous
rapidement, les conditions grossissent, de façon
incohérentes, avec des zones d'accalmies et des zones de
forts mouvements. Nous sommes sur des
hauts fonds. Le vent du Nord forcit et nous pousse trois
quart arrière. Nous avons hâte de franchir le cap, et
d'atteindre la partie calme où se situe une cabane. Vingt
minutes plus tard, c'est chose faite. Bien à l'abri dans
celle-ci, nous savourons l'un des passages les plus tendus
de ce périple.

C'est le 29 au matin, que commence
véritablement notre avancée dans le chenal Sullorsuaq Vaigat.
Avec une largeur moyenne de vingt kilomètres, celui-ci
sépare la péninsule Nuussuaq de l'île de Disko. Le paysage
est grandiose et surprenant, je le qualifie de rocheuses
groenlandaises. De hautes montagnes aux couleurs et aux
formes surprenantes, longent le chenal donnant une
profondeur inhabituelle à notre navigation. Aux sorties de
rivière, les nuances bleutés des glaces se fondent sur des
eaux couleur terre. Nous démarrons nos navigations en milieu
de journée afin de profiter au mieux du courant. Nous
profitons des conditions favorables du moment pour avancer
le plus possible. Chaque après-midi, une petite brise
portante nous incite à hisser les voiles.
Le 31, au détour d'une sortie de
rivière, nous sommes attirés par un attroupement de
mouettes, survolant la surface de l'eau. Qu'elle n'est pas
notre bonheur d'apercevoir de près nos premières baleines à
bosses. La gueule ouverte, elles jaillissent de l'eau. La
scène se répète, cette fois-ci, c'est une nageoire qui
pointe le ciel. Un instant, elles disparaissent. Autour des
kayaks, des bulles remontent à la surface. Soudain, un
souffle puissant surgit dans notre dos à quelques mètres de
nous. Le spectacle est grandiose. Lorsqu'elles nous
quittent, nous reprenons notre navigation encore troublés
par la beauté de la scène et de ces instants magiques. Le
paysage que l'on pensait monotone est varié, offrant à
chaque avancée, des points de vue plus beau les uns que les
autres.

Ce
premier août est l'ouverture de la chasse aux caribous. De
nombreux speed boat sillonnent le chenal. De lointaines
détonations et des embarcations vides, mouillées à quelques
mètres du bord au pied d'étroites vallées, témoignent du
début de l'activité. Un après-midi, chemin faisant, sur la
berge, un homme nous interpelle par de grands signes. Au
premier abord, on l'imagine en détresse, ayant probablement
perdu son embarcation. La rencontre faite, il n'en n'est
rien. Etrangement, il s'agit de Jeff, un français,
accompagné de son groupe, d'une personne. Attachant
personnage, habitué des lieux, il organise depuis de
nombreuses années des séjours dans le secteur. Après une
pause café improvisée sur la plage, le temps d'échanger
quelques informations, nous reprenons notre chemin. Nous
revoyons Jeff à deux reprises, la première, le lendemain,
lorsque, pagayant de notre mieux, pour progresser face à un
vent soutenu, une embarcation groenlandaise nous aborde. A
son bord, notre ami Jeff, forçant la voix pour nous donner
des informations sur les secteurs protégés. La seconde,
quelques jours plus tard, lors de notre arrivée sur Saqqaq,
où faisant avec deux immenses kayaks, une route inverse à la
notre, nous nous séparons sur une de ses réparties dont il a
le secret : « Bon, on y va ! car après on s'attache et ça
devient difficile. ». Avant cela, un fort venturi, sur
l'embouchure sud du chenal nous bloque, une journée durant.
Passée cette difficulté, nous arrivons à Tartunatq. En ce
lieu, vécurent d'anciennes civilisations. Il ne reste
aujourd'hui que les ruines, deux cimetières, mais surtout un
atmosphère et un cadre unique. Comme posée au milieu d'un
écrin, une petite cabane de trappe nous accueille,
surplombée par une longue chaîne de basalte dominant une
plaine rocailleuse et une longue plage de sable blanc.
Impossible d'arriver sur un tel site sans une belle morue
pour le dîner. Sans tarder, nous la trouvons sous une petite
avancée rocheuse, toute proche. C'est par une arrivée au
petit village de Saqqaq le 4 juillet, dix jours après notre
départ de Niaqornat, et les maintenant célèbres adieux de
notre ami Jeff que s'achève ce tour de la péninsule de
Nuussuaq qui restera un des plus beaux passages de ce
périple.

De Illorsuit à Uummannaq
Du 08 au 20 juillet 2009
Ayant refait le plein à la petite supérette locale, nous
quittons Illorsuit le 9 juillet, en milieu d'après-midi.
Impossible ici de réaliser des témoignages avec les locaux,
la plupart des hommes sont à la pêche pour plusieurs jours.
Au programme d'aujourd'hui, la plus grande traversée de
notre parcours ; à savoir, 17 km en pleine eau pour
rejoindre la côte opposée. Direction, le village de
Uvkusigssat , que nous pensons atteindre après trois étapes.
Sur chaque grande traversée, nous
marquons le point visé, sur notre GPS. Outre de connaître la
distance exacte, cela nous permet de contrer vents et
courants qui peuvent nous faire dévier de notre route. Là,
les 17 km, sont avalés sans encombre, en un peu plus de 3h.
Et dire, que lorsque nous préparions l'itinéraire sur les
cartes, une traversée de 5 km nous paraissait être un
maximum.

La vue d'une cabane, nous
incite à nous arrêter d'autant plus que le temps se couvre
et qu'un vent contraire vient de se lever. Après une brève
visite des lieux, celle-ci ressemble plus à un cabanon
secondaire,
qu'à une cabane de trappe conventionnelle. Des tas d'objets
personnels décorent de façon on ne peut plus kitch,
l'intérieur. Du coup, nous montons la tente un peu plus
loin, à proximité d'un petit ruisseau. Une fois les kayaks
vidés, et l'ensemble du matériel regroupé, lorsque je retire
ma combinaison étanche, un sinistre claquement retenti à mes
oreilles. Le col en latex, de la combinaison vient de se
déchirer. Inutilisable en l'état, il nous faut
impérativement la réparer. Pour en avoir fait l'expérience
sur une journée de formation, il n'y a rien de pire qu'une
combinaison étanche qui ne l'est pas. Une fois remplies
d'eau, les jambes sont comme plombées, il devient impossible
de se hisser sur le bateau. Sur ce, la cabane toute proche
et sa chaleur ambiante, se transforment en atelier de
réparation providentiel. 24 heures plus tard, après un
travail en deux temps, (recto, et verso) le Seangrip, et son
durcisseur ont fait merveille. L'encolure, pourtant déchirée
sur plus de quinze centimètres est entièrement reconstituée.

Dans la nuit, un important édifice
de glace, se rapproche dangereusement
de notre petite plage. Il nous faut alors démonter et
remonter le camp
plus en hauteur pour des raisons de sécurité.
Après cette journée de repos forcé,
nous faisons route vers Uvkusigssat, distant d'une
quarantaine de kilomètres. Sur un axe sud-est, d'imposantes
chaînes de montagnes entrecoupées de fjords plus larges les
uns que les autres, sont le décor d'une des plus
interminables journées de navigation. L'absence de repère,
et un axe de route constant, nous donnent pendant dix heures
l'impression de ne pas avancer. Et comme souvent dans ces
cas là, c'est un bon vent de face et un léger courant
contraire qui retardent notre arrivée sur Uvkusigssat.

Le
village, tel une crèche provençale, est accroché sur la
roche. Une petite rade faisant office de port se dessine,
derrière elle, une bande verte, nous n'irons pas plus loin,
et à minuit au milieu des barques tirées à terre, nous
montons le camp, salué par un chaleureux « Welcome to
Uvkusigssat » que nous lance un pêcheur. Dès la première
nuit, le ton est donné, les 300 chiens de la ville se
donnent en concert. Il faut dire, que deux fois plus
nombreux que les habitants, c'est eux qui ici règnent en
maîtres. Guidés par Eric, un français, habitué des lieux,
nous faisons très vite connaissance avec les locaux, allant
d'invitations en invitations. Il faut dire, qu'Eric qui
maîtrise la langue à merveille.Entre temps, les chiens
visitent régulièrement l'abside de notre tente, nous
contraignant à rentrer le maximum de choses à l'intérieur.
Ils garderont d'ailleurs en souvenir, notre confortable
siège d'escalade.
En route vers Saattut, nous passons
par un imposant fjord longeant les falaises à l'ombre de son
versant nord. L'intention initiale est de rejoindre Saattut
en deux étapes. Contrairement aux informations recueillies,
l'absence de plage aux lieux indiqués, nous oblige à
rejoindre la petite ville d'un seul trait. L'étape nous voit
passer les 500 kilomètres de la mi-parcours. Saattut est
située sur une petite île rocheuse, c'est sur son extrémité
ouest et à même la roche que nous montons le camp. Rikka, un
sympathique groenlandais nous accueille, et après les
présentations, vu l'heure tardive nous donne rendez-vous
pour une visite de la ville, et une rencontre avec ses
parents. Le matin au réveil, nous sommes sur un véritable
spot de pêche. Des milliers « ammassak » se sont donnés
rendez-vous, et longent la côte rocheuse à fleur d'eau, à
quelques centimètres du bord. Des bancs entiers se
succèdent. Il y en a tellement qu'il est possible de les
prendre à la main. Pas plus gros qu'une sardine, ces
poissons sont prisés des locaux. Ils les pêchent à
l'épuisette, constituant ainsi des réserves pour eux comme
pour leurs chiens. Les pêcheurs locaux se succèdent
rapidement dans le secteur, ils arrivent en barque, et en
quelques minutes ils prélèvent des dizaines de kilos
constituant ainsi leurs réserves. Autour d'un café, nous
rencontrons dans la soirée, les parents de Rikka. En tant
que chasseur, ces récits nous intéressent, et nous ne
manquons pas de les noter. Suite à une question sur le mode
de vie traditionnel groenlandais, Nathalie se retrouve
déguisée en véritable femme des neiges. Vêtue de la tête aux
pieds d'une veste en peau de chiens et un pantalon en peau
d'ours, accompagnés des traditionnels kamiks (bottes
traditionnelles groenlandaises).


Nous quittons Saattut, et mettons le
cap sur Uummannaq. La trajectoire est quasi directe. Les 23
kilomètres qui séparent les deux villes engendrent un trafic
surprenant. Les embarcations sur-motorisées se
déplacent à grande vitesse se faufilant entre les blocs de
glace et ce à longueur de journée. A notre hauteur, des bras
se lèvent, nous saluent, mais la vitesse reste constante.


Nous arrivons sur Uummannaq en fin
d'après-midi, la quantité de glace à proximité de la ville
est impressionnante. Cela aussi bien en quantité que par la
dimension des édifices. L'étape d'Uummannaq est pour nous
une escale technique. Une quarantaine de kilos nous y
attendent. Pour effectuer le chargement, il nous faut
impérativement être situé en ville. Ici, la place manque, il
n'y a que du rocher. Un petit passage en terre situé près du
club de kayaks local fera l'affaire. Dès le lendemain, nous
nous dirigeons sur l'hôtel Uummannaq où, bien à l'abri dans
un container, nous attend notre chargement, sous forme d'un
gros colis que nous avions nous-même constitué au mois
d'avril. Dans la foulée, nos kayaks sont entièrement vidés,
et délestés de tout ce qui ne nous ait pas indispensable.
Afin de libérer de la place, et de faciliter ce chargement
principalement constitué de repas lyophilisé, vêtements et
autres accessoires secondaires, sont retournés par ferry
sur Ilulissat, notre destination finale. Si les chiens de
Ummannaq sont calmes, il en est tout autrement de sa
population, surtout un samedi soir après une soirée
politique bien arrosée. Nos voisins, non contents de rentrer
bien éméchés à trois heures du matin, invitent une grande
partie du village, et nous offrent une véritable nuit
musicale, spéciale vieux blues américains. Le week end étant
passé, c'est à l'aide d'une brouette, que dès l'ouverture
des bureaux de la Royal Arctique Line, nous déposons notre
colis pour Ilulissat. Dans la foulée, nous rencontrons
Monsieur Pollas Lyberth dans son bureau de la commune de
Ummannaq. Il nous accorde un entretien, nous en profitons
pour l'interroger sur la situation climatique locale, et lui
remettons un cadeau de la municipalité de Monaco. Dans
l'après-midi, nous quittons le petit port d'Ummannaq pour
notre dernière traversée, d'une petite dizaine de
kilomètres, au milieu des glaces, avant de rejoindre la
péninsule, que nous ne quitterons plus et que nous
longerons, jusqu'à notre arrivée dans le district d'Ilulissat.
Le soir, comme un accueil sur cette côte, une magnifique
maison en tourbe sera pour la nuit notre demeure. Son
intérieur est des plus authentiques, tourbe, pierres, peaux
de phoques, et literie en bouf musqué. Au travers de
l'unique petite fenêtre, alors que le soleil enflamme
l'horizon, commence au milieu des glaces, la gracieuse danse
des baleines.

Côte sauvage
Résumé du parcours réalisé en
autonomie totale entre Sondre Upernavik et Illorsuit
Du 27
juin au 7 juillet 2009
Notre première nuit passée sur l’île de KEKERTAQ, nous fait
gagner pas mal de temps. Chose surprenante, dans ce secteur
les possibilités d’arrêt et de bivouac sont bien plus
importantes que dans les fiords du nord. Ce n’est pas pour
nous déplaire, car cela faisait parti de nos préoccupations.
Un fort coup de vent étant annoncé pour la journée du 30,
nous allongeons les étapes, pour passer le cap SIGGUK. Cela
nous amène le 28 à réaliser une étape de 43 km, 12 h de
navigation, les 3 dernières nous sont interminables, un
fort courant sortant sur cette avancée côtière prolongea
l’étape d’au moins 2 heures. Attirés par de la fumée, nous
débarquons au fond du fiord, à proximité d’un camp de pêche.
Trois tentes sont déjà montées, les locaux nous accueillent,
ils sont là pour 3 jours. Comme nous nous y attendions, ils
nous signalent la présence de bœufs musqués à proximité du
camp, sur les hauteurs. Ils les observent à la jumelle.
Trois fusils sont sortis. Epuisés de fatigue, c’est à 5
heures du matin que nous allons nous coucher, et remettons
notre sécurité entre leurs mains. Le lendemain, malgré la
musique et les aller et venus autour de la tente, nous
émergeons en début d’après midi. Mais quelle n’est pas notre
surprise, en constatant, qu’il n’y a plus personne autour de
nous. En mer, 2 canots à moteur sont sur le départ. Ils nous
saluent de loin. Certainement prévenus du mauvais temps, ils
sont quitté les lieux précipitamment. Passé le moment de
déception, nous organisons rapidement notre sécurité.
Jumelles, fusil, cartouches, corne de brume, et autres
fusées de détresse sont rapidement regroupées. L’ambiance
est tendue, nous ne pouvons pas quitter les lieux, le coup
de vent étant toujours annoncé.
S’en
suit deux journées interminables de vent et de pluie. Nous
commençons à nous rationner, en prévision d’un séjour
prolongé. Le contraste entre l’intérieur de notre petit abri
et l’hostilité de cette immense plaine est saisissant. Après
plus de 48h de bourrasque, il est difficile de supporter le
bruit à l’intérieur de la tente.
.JPG)
Au troisième jour les reliefs sont
maintenant couverts de neige, une accalmie semble se
dessiner, nous décidons d’y aller. Au programme, 40 km de
côte exposée et mer souvent agitée, généré par la présence
de hauts fonds. Seul point positif, la présence de plage
sur la première partie du parcours. Après 8 heures de
navigation active, vent arrière, et de nombreux surfs, nous
arrivons à l’extrémité Sud de la péninsule et à destination.
Nous sommes maintenant à l’abri des vents dominants du
Nord-Ouest.


Cependant, un nouveau coup de vent avec
interdiction de naviguer nous est annoncé pour le 4 et le 5.
Il nous reste 24 heures pour nous mettre à l’abri. Nous
faisons route plein Est, et longeons la côte Sud du NUNAVIK.
Cet itinéraire nous fait renouer avec la glace que nous
avions quittée quelques temps. La présence de nombreux
glaciers dans le district d’UUMMANNAQ dans lequel nous
venons d’entrer, génèrent quantité d’icebergs de taille
surprenante. Alors que dans un cadre radieux et bien
protégé, nous attendons le coup de vent, qu’elle n’est pas
notre surprise, en ouvrant tardivement notre boite mail,
d’apprendre, que celui-ci est annulé. S’en suit une des plus
belles journées de navigation, un léger vent portant, nous
permettant de mettre les voiles, et de progresser
rapidement, au milieu des icebergs, et sous un soleil
radieux. En milieu de parcours, une opportunité s’offre à
nous. Poursuivre dans l’axe du vent, shunter le bivouac
côtier du soir initialement prévu. Cela afin d’aller se
positionner au beau milieu de l’immense fjord de KARRATS.
Là, se situe une île avec une cabane de trappe, cette
initiative nous fait gagner une bonne demi journée, mais
surtout, nous positionne dans un lieu féerique avec une vue
à 360°. Après trois bonnes heures de navigation et 16 km en
pleine eau, c’est avec un bon vent de travers, et une mer
qui commence à se creuser que nous apercevons la cabane, et
touchons l’île dans une petite baie bien protégée. Cette
navigation, nous fait apprécier les qualités remarquables de
navigation de nos embarcations. Il est vrai que la
réputation de l’Explorer n’est plus à faire. La cabane est
ouverte, il y fait chaud, malgré un aspect dépouillé et
rustique, l’intérieur nous parait luxueux. Il faut dire que
c’est le premier abri en dur que nous touchons depuis un
mois. Le cadre est tellement paradisiaque, que nous décidons
d’emblée d’y séjourner une journée entière, quelles que
soient les conditions à venir.

Seuls sur notre îlot, à plusieurs
kilomètres des côtes, nous entamons sous un soleil radieux
une journée de grande lessive. Nous profitons au passage du
petit lac intérieur pour prendre un bain, au milieu des cris
des sternes et des détonations régulières des icebergs
dérivants qui se brisent autour de nous. Depuis quelques
jours le panneau solaire qui alimente la batterie donne des
signes de faiblesse. Celle-ci ne charge plus ou, charge à un
très faible niveau. Un démontage complet s’impose. Après
plusieurs vérifications, le constat est décevant la batterie
ne prend plus la charge. Pièce maîtresse de notre
organisation c’est elle qui alimente au quotidien notre mini
PC qui permet principalement de communiquer et de recevoir
par mails les informations météo quotidiennes. Dorénavant il
nous faudra limiter nos communications, et fonctionner
uniquement sur la batterie interne du PC. Pour oublier les
tracasseries techniques, rien de mieux qu’une ballade au
milieu de centaines de Sternes, et leurs cris stridents. Il
nous faut prendre garde, pour ne pas écraser leurs œufs, ou
leurs oisillons. Dans un décor de mousses et de lichens aux
couleurs surprenantes. Les rochers orange, tranchent avec le
bleu et le vert environnant. Depuis le sommet l’impression
est grandiose. La vue à 360° est gigantesque. A l’Est une
chaîne de montagnes similaires aux Alpes. Seule fausse note,
deux gigantesques glaciers en cours d’assèchement, où deux
minces langues blanches se retirent de la côte. Image
symbolique s’il en est du changement climatique que subit la
planète. Ce n’est pas l’envie qui nous manque de rester plus
longtemps en ces lieux, mais la mer nous appelle nous ne
sommes pas encore à mi-parcours. Nos prévisions nous
feraient quitter la ville d’UUMMANNAQ située à 170 km de là
le 23 juillet, il nous faut donc reprendre la pagaie. Cette
ultime étape avant le retour à la civilisation, commence par
une traversée de 12 km. Dès le début de celle-ci un incident
se produit, Nathalie perd la télécommande de la mini-vidéo
embarquée. Positionnée en bracelet autour de son poignée
elle ne l’avait pas assurée. Il nous faudra faire sans, l’un
de nous fera certainement office de télécommande. Nous
arrivons sur ILLORSUIT petit village de pêcheurs situé au
pied d’une imposante falaise, sur la grande île de UBERKENDT,
où la population semble absente. Alors que les températures
remontent et que l’été semble être arrivé, nous montons la
camp à l’extrémité Nord du village, mettant ainsi un terme à
un parcours de 190 km en autonomie totale. Dix jours nous
ont été nécessaires, dont 6 de navigation.
Vue
d’ici, la chose semble aisée, mais l’on se remémorera
longtemps nos interrogations dans la tourmente au milieu des
bœufs musqués.


D'une famille d'accueil à
Kangersuatsiaq aux enfants de Sondre Upernavik
Du 15 au 26
juin 2009
Notre arrivée dans le petit village de Kangersuatsiaq s'est
faite dans des conditions très particulière, à savoir une
navigation quasi non stop de près de 7 heures trente dans un
brouillard à couper au couteau.
Sur ce parcours
nous avons été contraints de naviguer aux instruments. La
petite station est vite devenue pour nous une halte
salutaire. Notre camp monté sur un terrain en pente au
milieu des embarcations remisées, face au petit port était
au vu de tous.
Nous avons été les
témoins de leur mode de vie quotidienne, un mode de vie
calme et paisible, où la journée commence à 9h et se termine
à 15h avec une pause de 1 heure. A partir de 19h/20h, la
soirée s'anime pour ne se terminer que très tôt le matin aux
alentours de 2h/3h. Nous avons pu réaliser 2 témoignages
dont un avec un ancien pêcheur et chasseur de 80 ans. La
barrière de la langue est un véritable handicap et il nous
faut régulièrement chercher des traducteurs ce qui n'est pas
chose facile car très peu de personne parle anglais.
Sur cette période, le
temps était toujours très couvert avec pas mal de nuages
bas. A la première éclaircie, nous avons effectuée une
tentative de départ en direction de Sondre Upernavik où nous
avions l'intention de passer la fameuse fête nationale du 21
juin. A peine avions nous commencé notre parcours, soit au
bout d'une demi heure, qu'une importante masse nuageuse est
à nouveau venue se coller aux reliefs et nous il a fallu
écourter la sortie et rebrousser chemin. Il eut été
imprudent et inintéressant de réaliser ce parcours avec de
nombreuses traversées dans des conditions de visibilité
nulle.

La deuxième partie de
notre séjour à Kangersuatsiaq s'est transformée en séjour
chez l'habitant. Dans un premier temps, Judith, est venue
nous solliciter pour prendre le café dans sa demeure. Du
café, nous sommes passés au déjeuner, qui ont de loin, dans
cette ambiance froide et humide amélioré notre confort
quotidien. Le temps toujours très couvert ne nous incitait
plus à bouger. Pluie et neige ont fini de nous dissuader de
nous rendre sur Sondre Uperanvik pour la fête nationale,
alors que nous étions parfaitement intégrés ici.
Pour cette occasion,
le petit village s'est mis sur son 31, les allées nettoyées
à la motopompe par les équipes de pompiers, et le village
entièrement ratissé de ses déchets par toutes les
générations, dans tous les recoins du village. Le jour venu,
les activités étaient sciemment préparées.

8 heures, levé du
drapeau et hymne national chanté à capella. Suivi d'un petit
déjeuner de circonstance chez nos hôtes. Cela en face de la
télé qui diffusait des images de la fête nationale en direct
depuis la capitale Nuuk.
9h 45, cérémonie
officielle dans la petite chapelle de la commune. De
nombreuses personnes sont en habit traditionnel.
13 heures, tout le
monde à rendez-vous dans la salle des fêtes. Les villageois
se congratulent avant d'aller s'asseoir autour d'un immense
buffet central. Les discours officiels sont menés par les
responsables de la commune, dont fait partie notre hôte
Godman. A la fin de son intervention, il nous présente à
l'ensemble des habitants. Nous profitons de cette occasion
et de la solennité du moment pour remettre à la commune une
médaille en cristal, présent de la Municipalité de Monaco.
Ce geste les touche énormément. L'ensemble de la population
manifeste son approbation par des applaudissements soutenus.
Un villageois nous offre spontanément, au vu de tous, son
pendentif personnel à l'effigie du Groenland. Une fois les
discours, et les nombreux chants de la chorale terminés, le
buffet est ouvert. Différents plats à base de narval,
baleine, et autre phoque, sont proposés. C'est alors une
joyeuse ruée vers le buffet qui contraste avec la discipline
jusqu'alors respectée.
La soirée se termine
chez nos hôtes devant la télé, retransmettant des images de
la capitale où se tient le banquet officiel avec la reine du
Danemark et tous les politiques. Ce jour étant l'ultime
étape avant l'indépendance définitive du Groenland. Judith
nous a préparé du phoque, c'était vraiment excellent. Nous
déclinons poliment l'invitation à la soirée dansante qui se
tient dans la salle des fêtes, en prévision de notre départ
prévu pour le lendemain.
Dans la nuit, un
habitant vient taper à notre tente et nous remet deux
pendentifs locaux. Notre geste semble les avoir beaucoup
touchés.

Le lundi 22 juin, jour
de notre départ, le soleil brille pour la première fois
depuis une bonne semaine. Nos hôtes insistent pour que nous
partagions un ultime déjeuner avant notre départ. Malgré les
bateaux déjà chargés, il nous est impossible de refuser. Le
moment des adieux est empli d'émotions.
Les 33 km qui nous
séparent du village de Sondre Upernavik s'effectuent dans
des conditions météo les plus favorables. Lorsque nous
arrivons dans la petite baie, l'ensemble des habitants
semble s'être réuni sur une plage voisine. Les enfants nous
accueillent, et nous aident à sortir nos kayaks. On compte
une vingtaine d'entres eux tirant et poussant nos
embarcations à terre, jusqu'au lieu de notre campement.
Nous sommes conviés à
rejoindre la population, qui faute de mauvais temps sur la
journée de la veille, effectue un immense barbecue où chacun
a préparé différents plats dont de la baleine. Chacun nous
sollicite et nous propose différents mets. Nous en profitons
pour nous présenter, et réaliser de nombreuses images.
Cette fois-ci, notre
camp est monté dans une zone quelle que peu isolée mais oh
combien plus tranquille que notre précédent campement.
Chaque soir, au moment du diner, nous recevons de la visite.
Les enfants du village se joignent à nous, nous observent
pour finalement nous inviter à participer à leurs jeux,
billes, la marelle, cache cache, et farandole.
Lors d'une soirée,
alors que nous discutons autour d'un café chez un des
professeurs de l'école, nous sommes invités à participer à
une petite soirée improvisée. Il est 22 heures, et presque
tout le village est là. Cette fête est en l'honneur d'une
petite fille de 4 ans qui a pêché son premier poisson.
Pour remercier les
invités, des petits présents (biscuits, raisins secs, papier
toilette, éponge, etc.) en guise de cadeau, est jeté à
l'assistance. Ici, tout est prétexte pour le rassemblement
des personnes.
C'était vraiment touchant. Nous effectuons des derniers
achats avant une étape en totale autonomie de plus de 200km.
La zone de navigation est relativement exposée, nous
prévoyons une quinzaine de jours pour la traverser, y
compris une réserve pour le mauvais temps. Les locaux nous
préviennent que nous risquons de rencontrer des troupeaux de
boufs musqués, et qu'il nous faut être armé.

De Aappilattoq à Kangersuatsiaq
Nous passons une journée au petit village d'Aappilattoq.
Devant nous un champ d'icebergs. Un jeune d'une quinzaine
d'année, Salmon, vient nous voir avec sa barque. Il nous
amène des boissons fraîches et une friandise. Il ne parle
pratiquement pas anglais. Il nous emmène au village chercher
de l'eau à la maison bleue. (dans tous les villages, il y a
une petite maison bleue faisant office de fontaine à eau).
Les jeunes jouent avec des jeux simples, les filles aux
billes, une sorte de pétanque, les garçons font naviguer
des bateaux en polystyrène au bout d'un bâton.
Ici, c'est paisible, les gens travaillent de 9 h à 15 h
avec une heure de pose. Ensuite, ils partent en bateau,
sortent, se retrouvent. Bent, un chasseur et pêcheur
professionnel, se présente spontanément à nous. Un échange
improvisé sur la situation locale s'engage. Objet d'un
prochain témoignage.
Nous quittons d'Aappilattoq par le large afin d'éviter
le labyrinthe de glaces. Nous nous dirigeons vers le
glacier, le chemin est long. Sur les conseils des gens
d'ici, nous choisissons un bivouac en hauteur, sur une rampe
de roche plate, nous montons les kayaks sur la neige. Notre
camp se fera à plus de 10 mètres de hauteur. Car, quand les
icebergs se retournent, ceux-ci peuvent former des vagues de
plusieurs mètres. Nous naviguons vers la partie est de l'Isford,
au plus près du Glacier qui a reculé de plus de 20 km en 10
ans. Ce qui nous laisse espérer un passage à l'est.
Néanmoins, comme on pouvait s'y attendre, ce passage est
bloqué par le pack sur plus d'un kilomètre d'après notre
GPS, nous obligeant à faire demi tour pour prendre un autre
fjord. Ce ne sera pas le dernier de la journée, car ne
trouvant pas de bivouac, nous sommes contraints de revenir
sur nos pas, ayant délaissé une plage qui ne nous permet pas
de nous positionner en hauteur.

La marée haute a décroché le pack dérivant et l'on a pu
assister à un défilé de glace musical. Contrairement à
d'autres destinations, les repérages effectués sur Google
Earth sont ici d'aucune utilité pour trouver un point de
bivouac, encore moins, les cartes topographiques, où les
zones vertes sur le pourtour côtiers ne cadrent en rien avec
la réalité. On les trouve même sur des falaises abruptes.
(Alain prétend que ce sont des algues).
Nicolas nous avait parlé des oursins. Nous en voyons une
grande quantité, juste au-dessous de nous. Nous les
décrochons avec les pagaies, et les faisons monter jusqu'à
nous. Au dernier moment, nous mettons les mains dans l'eau
glacée pour les ramasser. Ils sont très copieux et
excellents.
Le paysage change, nous avons plus de falaises qui
tombent à pic dans l'eau. Quelques oiseaux, en colonie et
par endroit. Près du glacier, des vols d'eiders. Ici, des
genres de mouettes. Nous accostons sur une petite plage,
sortie de ruisseau, et nous avons dû monter la tente sur de
la végétation haute, au milieu des trous et des bosses. Pas
de soucis pour l'eau, il y en a partout, on peut la
recueillir sur place, dans la fonte des névés. Dans la
nuit, il faut déplacer les kayaks sur les rochers à cause
de la marée. Elle monte beaucoup plus la nuit (1,70 m) que
dans le journée (60 cm).
Le kayak d'Alain prend l'eau, au niveau de l'habitacle,
et l'on n'arrive pas à déterminer de quel endroit. Les
venturis des fjords, nous incitent à cheminer au plus court.
Michel, notre routeur météo nous annonce des vents faibles,
alors que nous constatons l'après-midi, que nous avons des
brises soutenues.
Nous prenons une journée de repos, pour une baignade dans
les marres, une ballade en montagne. Les paysages sont
grandioses.
Compte tenu de l'étape que nous devons faire, pour aller
à Kangersuatsioq, nous décidons de partir très tôt. Debout à
2 h du matin, pour un départ à 5 h. Nous avons du brouillard
toute la journée, nous obligeant à naviguer aux instruments
pendant plus d'une heure pour effectuer une traversée de
fjord. Nous longeons les falaises abruptes à quelques
mètres. A un cap, autre surprise, un énorme iceberg nous
barre la route. Un moment, nous nous interrogeons s'il faut
le contourner ou passer entre lui et la terre.

A l'arrivée à Kangersuatsioq, après 8 h 30 non stop de
navigation, des enfants viennent nous voir débarquer, sur la
plage. Ils ne parlent pas anglais, mais restent là et nous
aident à déplacer les kayaks. Nous montons la tente face au
port. Les gens du village viennent à notre rencontre. Le
lendemain, nous prenons le temps de discuter avec les
locaux. Il y a environ 150 personnes, beaucoup de trappeurs,
de chasseurs, de pêcheurs. On peut le voir, au nombre de
chiens, des traîneaux, des phoques dépecés, de la morue qui
sèche, des pêcheurs qui préparent les filets. Le village
est très joli, avec sa anse devant, sa trentaine de petits
bateaux, amarrés aux bouées. L'instituteur nous invite à
boire le café chez lui, et nous montre les dessins qu'il
fait au cutter.
Pendant cette semaine, les températures sont bien remontées.
Dans l'ensemble, nous avons eu des conditions de navigation
très clémentes.


Equipement d'un kayakiste en
mer arctique
La navigation :
Un kayak Explorer de Seakayaking UK
Une jupe Reed
Un gilet de sauvetage C02 Kokatat
Une parie de pagaie Little Depper et une de secours Athena
de Werner Paddles
Une voile de Pacificaction
Un GPS
Cartes topographiques au 250 000.
Un compact
La sécurité :
Un gilet de sauvetage
Une radio VHF
Une balise de détresse ACR RescueFix
Une fusée parachute
Un feu à main
Equipement d'un kayakiste du sud, j'en consens, sur un mois
de juin, au Groenland :
Les pieds :
Une grosse paire de chaussette en laine de Norvège
Une paire de chaussette étanche
Des bottes montantes en néoprène
Les jambes :
Un collant hiver de running
Une grosse salopette fourrure polaire HH
Le haut du corps :
Trois polaires techniques
Le tout avec la combinaison étanche en gore tex de chez
Kokatat
La tête :
Une cagoule en fourrure polaire
La cagoule de la combinaison
Les mains :
Des moufles en néoprène
Sur des journées sans soleil, cet équipement est loin d'être
superflu.
C'est parti : Au vu de la fenêtre
météo, même si le ciel est gris et qu'il y a quelques brins
de neige pendant que l'on prépare nos affaires, nous
embarquons assez tard dans la journée, en direction d'Aappilatoq,
un village à 22 km au nord est d'Upernavik. La mer est
calme, une petite brise de vent dans le dos nous invite à
mettre nos voiles. Le relief tombe abrupt dans la mer. Il y
a même une très belle montagne, avec une falaise magnifique,
quelques icebergs plus ou moins grands, le long de notre
chemin. On longe une côte de collines de roches tombant dans
l'eau. On en profite pour faire des photos. L'eau est un
miroir. Le soleil s'est dégagé de ses nuages. L'éclairage
est magnifique, tout comme le paysage, irréel, pas un bruit,
quelques oiseaux. Au loin, on aperçoit des montagnes encore
bien enneigées. Pour arriver devant le village d'Aappilatoq,
il nous faut traverser le champ d'icebergs. Ici, impossible
d'accoster, il y a des blocs de rochers. Un groenlandais
nous indique un endroit plus adapté pour planter une tente,
un peu à l'écart du village. Il en profite pour nous faire
des photos. Il est presque minuit, et le soleil est encore
haut. Le paysage devant nous : des icebergs devant nous, le
ciel qui se couvre. Des couleurs irréelles.

Une semaine à Upernavik
Le 1er juin, lundi de Pentecôte, jour
férié ici aussi. Il fait beau et nous en profitons pour
faire le tour de la ville. Quelques personnes dans les rues
en terre.
Nos amenons le kayak dans un atelier chauffé, afin que la
résine et le gelcoat puissent sécher dans de bonnes
conditions. Mais c'est un travail qui prend plusieurs jours,
car il faut attendre que ça sèche entre chaque étape.
Nous
en profitons pour acheter un fusil en cas de défense,
surtout contre les ours polaires. Normalement, ils suivent
les glaces, qui sont actuellement beaucoup plus au nord,
mais en cas de rencontre inattendue, il nous faut un fusil.
Ici, tout le monde est d'accord. La personne a qui nous
achetons le fusil est un chasseur. L'hiver, en chiens de
traîneau, sur la banquise qui est de moins en moins épaisse,
et le reste de l'année en bateau à moteur.
Nous allons visiter le
Musée d'Upernavik, où l'on peut voir le chasseur en peau de
phoques, derrière son traîneau, ainsi que des kayaks
authentiques, de belles peaux de phoques.

A
Upernavik, suite à l'incendie de la centrale thermique, il
n'y avait plus d'électricité ni d'eau dans toute la ville.
Le générateur de remplacement est tombé aussi en panne. La
livraison de l'eau se faisait par le camion qui venait
approvisionner chaque maison en eau . Ici, chacun a son
congélateur, et tout le monde se faisait du soucis. Un
nouveau générateur est arrivé d'Uummannaq. Tout est rentré
dans l'ordre.

Nous
faisons un tour sur l'eau afin de voir si la répartition de
nos kayaks est bonne. Nous devons répartir du poids un peu
plus sur l'avant.
Dimanche 7 juin, il neige bien, le vent est assez fort de
sud Ouest. Il fait 0°. La visibilité varie tout au long de
la journée. On attend une amélioration.

Arrivée au Groenland, le 28 mai
2009 sur l'aéroport international de Kangerlussuaq.
La deuxième escale nous permet
d'admirer le glacier d'Ilulissat. Impressionnant tout ce
qu'il jette dans la mer comme énormes icebergs.

Le vol à destination d' Upernavik
s'effectue avec du fret sur la partie avant du
quadrimoteur, en lieu et place d'une partie des sièges
passagers qui ont été retiré pendant l'arrêt. Traversée de
très beaux paysages, du parcours que nous avons prévu de
faire, pendant trois mois, à la rencontre du peuple
Groenlandais. Dans la salle d'embarquement du petit
aérogare, tout le village semble s'être donné rendez-vous.
Ici, il fait un peu plus frais qu'au sud. Environ 0°. Mer
belle, soleil. La neige fond. Bo, notre correspondant nous a
prévu un logement pour la première nuit.

Un tour en ville, des petites maisons
de toutes les couleurs, le long de la colline. L'aéroport se
situe au sommet. On voit déjà des ours, enfin, des peaux qui
sèchent sur les balcons. Des kayaks authentiques, en peau.
Les chiens, attachés à leur chaîne qui hurlent. Ca nous
rappelle de bons souvenirs, lors de nos virées en chiens de
traîneaux. Dans la cabane où nous sommes, nous parlons avec
un Norvégien, Thomas, qui nous dit « mais l'on se connaît,
on s'est rencontré au Peter Daas Muséum, en Norvège, à la
fin de notre virée de trois semaines en kayak ».
Effectivement ! Il a même encore des photos que je lui avais
envoyé, il y a deux ans. C'est fou. Il est biologiste
ornithologue et travaille ici sur les Eiders, pendant 15
jours.
Le 29 mai, Bo, notre correspondant nous
explique un peu comment ça fonctionne ici. On va chercher
nos kayaks et une palette de 130 kg, dans un container de la
Royal Arctic Line, qui a transporté le tout du Danemark
jusqu'ici. Une signature pour l'enlèvement du matériel.
On leur demande de nous appeler un
taxi, mais la ligne est encombrée. Ici, ça ne traîne pas,
tout est simple. Deux hommes ouvrent un container où seul,
reste nos kayaks, emballés de bulles, avec la palette. En un
quart d'heure, deux kayaks sur le pick up, la palette portée
sur le bras d'un énorme engin de chantier. Le tout est livré
au Musée, à environ un kilomètre.
Déballage du matériel, un kayak a reçu
un choc latéral pendant son transport. Du travail de
réparation en vu. Alors que nous nous apprêtions à ouvrir la
tente, Bo nous propose une belle maison au bord de l'eau,
qui habituellement louée à des artistes. Il nous dit que
l'on peut y rester maximum pendant deux semaines. C'est
inespéré !
Alors qu'il fait soleil, avec un vent
de plus de 50 km/h, un incendie se déclare juste en face de
nous, dans la centrale thermique qui fournit l'électricité
de la ville. Les pompiers travaillent durs, et ils leur faut
de nombreuses heures pour éteindre l'incendie. Bo nous dit
que ça a fait la une des actualités groenlandaises.
Apparemment, il y a beaucoup de dégâts. Pendant un moment,
plus d'électricité, puis plus d'eau. Enfin, tout revient
dans l'ordre.
L'école Antony Fabre
A l'initiative de
notre partenaire LED Engineering, nous présentons
notre projet à la classe de CM1, de l'Ecole Antony
Fabre, de Villeneuve Loubet. Sous la conduite de
Fabienne Contant, leur instituteur, les enfants nous
harcèlent de questions, les plus pertinentes les
unes que les autres, deux heures durant. Ils nous
suivront pendant les vacances
sur le site Internet.
Ce fut un agréable
moment pour tous. Nous convenons de revenir les voir
avec des images à notre retour.

Les préparatifs
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28 avril 2009 -
Une entreprise inattendue
Sur les
recommandations de notre ami cardiologue Uriel
AMSELLEM, une jeune entreprise, la société LED
Engineering prend contact avec nous et nous
propose de nous aider sur la partie texte de
notre projet, grâce à un Pocket mémos, nos
textes seront enregistrés puis envoyés via
Internet et retranscrit dans les meilleurs
délais sous forme de fichier texte Un support
non négligeable dans notre organisation. Pour ce
faire, la marque PHILIPS s'engage également à
nos côtés.
Merci à toute
l'équipe. |
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27 avril 2009
- La municipalité de Monaco avec nous
Faisant suite
à la présentation quelques jours plus tôt, du
projet devant le Maire de Monaco, le Conseil
Municipal a déjà de nous soutenir dans notre
initiative. Outre une participation sur notre
budget, nous aurons mission de remettre aux
autorités des trois (grandes) villes traversées,
de valorisants souvenirs de Monaco. Un d'entre
eux sera remis le 21 juin 2009, jour des
célébrations de l'autonomie renforcée du
Groenland, dans un petit village, au sud d'Upernavik.
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25 - 26 avril
2009 - Formation secourisme
Pour parfaire nos connaissances
et agir au mieux en cas d'urgence, nous
consacrons deux pleines journées pour une
formation secourisme. Un grand merci à Annie
et Nina, des équipes de la Croix Rouge
monégasque qui, avec atience, persévérance
et bonne humeur, nous ont
formé et se sont intéressé à notre projet.
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24 avril 2009
- Mission accomplie
La société
DB Schenker passe le relais à la Royal Arctic
Line pour acheminer le chargement sur le
Groenland. Le gros du matériel est chargé dans
un container à destination de Upernavik, lieu de
départ de notre expédition. Une petite palette
nous attendra sur Uummannaq, au deux tiers du
parcours. La société DB Schenker a parfaitement
mené sa mission.
Un grand merci à
toute l'équipe.
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21 avril 2009
- C'est parti
8h30, sous un
ciel pluvieux, et en moins de 15 minutes, notre
matériel récupéré par DB Schenker, quitte
Monaco, direction le Ferry à Aalborg.
Une page de
notre programme est tournée.
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17 - 21 avril
2009 - Quand tout tient dans la boite
Depuis un mois, nous vivons au
quotidien au milieu de tout notre barda. A
quelques jours de l'enlèvement, nous emballons
méticuleusement chaque objet. Une boîte en
cartons aux dimensions imposantes 118 x 0,78 x
0,87 sera notre male de transport. Le 20 au
soir, vu le poids imposant de nos effets (plus
de 120 Kg), le
colis est composé à l'extérieur sur une palette,
prêt à être enlevé.
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16 avril 2009
- DB Schenker passe à l'action
Notre partenaire DB Schenler
mandate une de ses équipes de Birmingham pour
récupérer les deux kayaks à Holyhead au Pays de
Galles, siège de Seakayaking UK pour les
acheminer sur Paris où ils seront groupés avec
l'ensemble de notre matériel avant d'être envoyé
sur le port d' Aalborg au Danemark, lieu de
départ du porte container pour le Groenland.
Dans la soirée, nous recevons par mail, les
premières photos de nos kayaks,
méticuleusement emballés de bulle pack.
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14 avril 2009
- Audience au Palais Princier
17h00. Le prince Albert II de
Monaco nous reçoit en audience privée afin de
lui détailler notre projet. Lors de cet
entretien, l'objectif, le but et les
problématiques locales de notre programme sont
évoqués. Confirmation nous est donnée que le
projet « Témoignages » au travers de son action
de sensibilisation et de communication,
s'inscrit dans la
même démarche que la Fondation qu'il préside.
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13 avril 2009
- Ultime contrôle
Par un
entretien téléphonique avec Dave, le chef
d'atelier de Nigel Dennis, de Seakayaking UK,
nous effectuons point par point une vérification
des kayaks en fonction des options demandées, et
vérifions principalement le respect des cotes de
nos longueurs de jambes. Ce détail permet
d'optimiser au mieux le volume intérieur des
kayaks. Cette démarche est essentielle pour
éviter de mauvaises surprises, car nous
découvrirons le matériel une fois sur place.
Tout est OK
et prêt à être emballé. Un grand merci à toute
l'équipe de Seakayaking UK. L'enlèvement est
prévu trois jours plus tard, par un nouveau
partenaire, la société de transport DB Schenker
qui vient de valider notre demande de
partenariat.
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12 avril 2009
- Sac étanche pour fusil
Quand bien même les chances de
rencontrer un ours blanc sur le parcours 2009
sont très faibles, nous ne négligeons pas pour
autant le danger pour notre sécurité et, en
ultime recours, nous prévoyons d'acquérir dès
notre arrivée sur Upernavik, un fusil à pompe.
Ce dernier, pour des questions de dimension, ne
pourra voyager que sur le pont du kayak, un sac
étanche adapté nous est donc indispensable.
Petit problème, ce produit est introuvable dans
le commerce la solution : réaliser nous-même
l'ouvrage, avec de la bâche pour camion et de la
colle à
tissu. Merci à Philippe et à Patrick pour leur
sérieux coût de main.
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15 - 31 mars
2009 - Transport et préparatifs
Sur cette
deuxième partie du mois de mars, de nombreuses
incertitudes demeurent, à l'exemple de
l'épineuse question de la récupération des
kayaks au Pays de Galles, en Grande Bretagne.
Des contacts avec des transporteurs sont en
cours, mais rien n'est validé. Le stress
commence à se faire sentir. Parallèlement à
cela, les préparatifs continuent. Nous sommes à
moins d'un mois de l'envoi du matériel sur le
Danemark et rien ne doit être oublié. A un
rythme régulier, commandes et livraisons se
succèdent. La maison se transforme en entrepôt
où s'entassent matériels en tous genres.
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26 mars 2009
- Avec la forme
Olivier, directeur de Décathlon
Monaco nous confirme qu'il nous aidera. Quelques
jours plus tard, sa prudence peut être
encouragée par l'avancée du projet, se
concrétise par un véritable partenariat sous
forme de fourniture de GPS, avec cartographie
et d'un système Spot permettant de
renvoyer notre position sur notre site internet.
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24 mars 2009
- La solution satellite
Monsieur
Ferrua, fondateur de la société NAYA nous
apporte son support et soutient pour tout ce qui
concerne les communications via satellite et les
différents paramétrages avec notre netbook.
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20 mars 2009
- Un autre partenaire made in UK
Très occupé sur cette période de
l'année, Jo Reed, dirigeante de la société du
même nom, spécialisé dans l'équipement de kayak,
outre manche, nous félicite du soutient que
nous apporte son ami Nigel Dennis. Convaincu par
le projet, elle s'engage elle aussi à nos cotés
pour cette aventure et concrétise son
partenariat par la fourniture de
différents articles de haute technicité.
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15 mars 2009
- Première présentation
Succédant à d'illustres orateurs,
l'ethnologue Jean Malaurie, l'écrivain voyageur
Emmanuel Hussenet, le glaciologue Claude Lorius,
nous sommes à notre tour conviés à présenter au
public de ce festival des Nuits
Polaires notre projet. Rendez-vous est pris pour
l'année prochaine.
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12 - 15 mars
2009 - Un festival de rencontres
Le temps d'un
week-end, nous effectuons un déplacement sur
Paris pour assister au Festival des Nuits
Polaires, organisé à l'Institut Océanographique
par Grand Nord Grand Large . Projections,
présentations et discussions avec leurs auteurs
sont d'un grand intérêt pour la préparation de
notre voyage.
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12 mars 2009
- Notre tente d'Amérique
Sur ce
périple, l'hébergement se fera exclusivement
sous tente, un produit de qualité et donc
indispensable. Depuis quelques années, la Saivo,
de chez Hilleberg, nous donne entière
satisfaction. L'ensemble de notre matériel,
devant rester sur le Groenland, il nous faut en
acquérir une autre. C'est la section US de la
marque Suédoise, qui après dossier et contacts
téléphoniques, accepte de nous aider.
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11 mars 2009
- Balises de détresse
Après un
entretien téléphonique de moins de 5 mn,
Monsieur SUAREZ Directeur de la société Navicom
nous déclare : « Ca m'intéresse ! Prenez contact
avec Rémy mon collaborateur ». 2 balises de
détresse ACR ResQfix seront mises à votre
disposition.
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6 mars 2009 -
Les meilleures pagaies
Werner Paddles, constructeur
américain de pagaies de renom pour kayaks et
canoës répond favorablement à notre demande et
se joint à notre projet. Satisfaction ! Ce sont
nos pagaies préférées depuis de
nombreuses années.
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25 février
2009 - Nigel Dennis, un grand nom du kayak de
mer
Nigel nous ayant demandé un peu
de temps pour analyser notre dossier, nous le
rappelons comme convenu sur cette journée. Après
deux petites précisions, sa réponse est
positive. Son entreprise « SeaKayaking UK »
est prête à nous aider et va réaliser les 2
kayaks de l'expédition.
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24 février
2009 - Haut les voiles
PacificAction, la société
australienne spécialisée dans la confection de
voiles pour kayaks et canoës nous confirme son
soutien par la
fourniture de voiles à nos couleurs.
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Vendredi 20
février 2009 - Première réponse favorable
L'équipementier américain Kokatat,
spécialisé dans les vêtements techniques de
kayak est très intéressé par nos images et notre
programme. Une fois les modalités de notre
partenariat finalisées, combinaisons étanches,
gilets de sauvetage, anoraks et autres petits
matériels nous sont envoyés.
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11-18 février
2009 - Le dossier
Nous
travaillons une bonne partie de la semaine à la
réalisation et à l'envoi du dossier de
présentation. Nous lui attribuons le titre de
«Témoignages, à l'écoute du peuple
groenlandais».
Une fois terminée, cette
présentation est adressée à des entreprises
privées ou des structures pouvant avoir un lien
commun à notre initiative, et étant susceptibles
de nous aider. Très vite nous sommes
surpris par l'engouement que suscite ce projet.
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Janvier 2009
- Quelle approche ?
Le projet
Groenland était programmé depuis plus d'un an.
En ce début d'année, un bon enneigement propice
à notre préparation physique, nous permet de
réaliser plusieurs séjours de ski nordique en
prévision de notre périple. A cette période, les
interrogations portaient plus sur le fait de
communiquer ou non sur le projet avant sa
réalisation effective. Passée une période de
réflexion, nous optons pour la formule
consistant à annoncer le programme à venir.
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