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Chez l’habitant à
QEQERTAQ
N 69
59 W 051 17
Du 17 au 21 août.





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Le 17 août, nous
quittons Appat, compte tenu d’une importante avance,
(Ilulissat n’est qu’à trois jours de navigation)
nous retournons vers le nord, direction le village
de Qeqertaq que nous râlions dans la soirée. Cela,
après avoir traversé sans encombre l’icefiord du
Torssukatak, nous le verrons par la suite ce n’est
pas toujours le cas. Le village quant à lui, est
masqué par quantité d’icebergs accumulés sous
l’effet du vent et du courant. Dans ce labyrinthe,
la meilleure façon de s’y retrouver est de suivre le
cheminement des embarcations. A peine a t-on posé le
pied à terre, qu’une habitante, nous invite à
séjourner chez elle. Immédiatement imité par son
voisin qui nous indique cette fois sa demeure.
Finalement, c’est chez Louisa, que nous posons nos
affaires, ayant préalablement remercié Jacob, son
voisin. Louisa ne parle pas anglais, la
communication se fait malgré tout.. Comme dans
toutes demeures groenlandaises, les murs sont
tapissés de photos de famille. Ses enfants et petits
enfants vivent aujourd’hui dans différentes villes
du pays. Confortablement installés dans une des
chambres de l’étage, nous retrouvons un vrai lit et
du chauffage. Après une nuit, perturbés par ce
confort inhabituel, c’est un véritable petit
déjeuner, qui nous attend. Sur un calendrier, nous
prenons soin d’indiquer à Louisa, que compte tenu
d’une perturbation météo, nous prévoyons un départ
deux jours plus tard. Elle nous fait comprendre
qu’il n’y a aucun problème et que nous pouvons
rester aussi longtemps que nécessaire. Le salon est
rapidement transformé en bureau, depuis lequel,
entre café et biscuits, nous effectuons nos travaux
informatiques. Chaque jour, principalement au dîner,
Louisa nous confectionne un repas traditionnel
groenlandais à base de phoque ou de baleine. Entre
deux, elle nous convie à un buffet organisé en
l’honneur d’un couple fêtant ses 55 ans de mariage.
Toute la journée, de nombreux habitants du village
viennent, comme nous, les saluer et se joignent au
buffet. Les soirées, à l’aide de vidéos relatent les
divers évènements qui tout au long de l’année
rythment la vie du village. Un soir, nous poussons
la porte, de ses voisins Eva et Jacob, pour un
kafemik (invitation à une pause café). Ils nous
disent nous avoir croisés sur le passage très agité
du cap Nuussuaq quelques semaines plus tôt, cela est
peut être la raison de leur prompte invitation. La
soirée se poursuit devant la vidéo qui ici, relate
leurs exploits lors des compétitions de chiens de
traîneaux. Elle se termine par un grand moment, où
en deux temps, nous avons l’honneur de nous
retrouver tous deux revêtus de l’habit traditionnel
groenlandais, uniquement porté lors des grandes
occasions. Le lendemain, Jacob ayant dépecé un
phoque, j’irai avec lui en bateau nourrir ses chiens
laissés en libertés sur une petite île au fin fond
du fjord à une douzaine de kilomètres de là. Lors
d’une sortie dans le village, par un ciel couvert et
venteux, nous avons la surprise d’apercevoir tout un
équipement de kayak. Effectivement, un peu plus
loin, Marcus et Tom, deux sympathiques kayakistes
allemands, terminent leur périple entamé trois
semaines plus tôt depuis le Sud. Nous échangeons
bien sûr des informations, ils nous indiquent la
présence de nombreuses glaces dans le secteur des
îles menant au glacier Epiq Sermia, point de départ
des expéditions polaires de Paul Émile Victor.
L’information nous intéresse, car c’est justement là
que nous comptons nous rendre. Le 21, à la
mi-journée, après quatre jours passés à Qeqertaq,
les kayaks sont chargés. Et c’est avec beaucoup
d’émotion que nous passons sous les fenêtres de
Louisa. De part et d’autre les bras s’agitent, le
regard a du mal à aller vers l’avant, mais c’est
bien là qu’il nous faut aller… |
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