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 D'une famille d'accueil à Kangersuatsiaq aux enfants de Sondre Upernavik, du 15 au 26 juin 2009  N72 09

 

 

Notre arrivée dans le petit village de Kangersuatsiaq s'est faite dans des conditions très particulière,  à savoir une navigation quasi non stop de près de 7 heures trente dans un brouillard à couper au couteau. Sur ce parcours nous avons été contraints de naviguer aux instruments. La petite station est vite devenue pour nous une halte salutaire. Notre camp monté sur un terrain en pente au milieu des embarcations remisées, face au petit port était au vu de tous.

Nous avons été les témoins de leur mode de vie quotidienne, un mode de vie calme et paisible, où la journée commence à 9h et se termine à 15h avec une pause de 1 heure. A partir de 19h/20h,  la soirée s'anime pour ne se terminer que très tôt le matin aux alentours de 2h/3h. Nous avons pu réaliser 2 témoignages dont un avec un ancien pêcheur et chasseur  de 80 ans. La barrière de la langue est un véritable handicap et il nous faut régulièrement chercher des traducteurs ce qui n'est pas chose facile car très peu de personne parle anglais.

Sur cette période, le temps était toujours très couvert avec pas mal de nuages bas. A la première éclaircie, nous avons effectuée une tentative de départ en direction de Sondre Upernavik où nous avions l'intention de passer la fameuse fête nationale du 21 juin. A peine avions nous commencé notre parcours, soit au bout d'une demi heure, qu'une importante masse nuageuse est à nouveau venue se coller aux reliefs et nous il a fallu écourter la sortie et rebrousser chemin. Il eut été imprudent et inintéressant  de réaliser ce parcours avec de nombreuses traversées dans des conditions de visibilité nulle.

La deuxième partie de notre séjour à Kangersuatsiaq s'est transformée en séjour chez l'habitant. Dans un premier temps, Judith, est venue nous solliciter pour prendre le café dans sa demeure. Du café, nous sommes passés au déjeuner, qui ont de loin, dans cette ambiance froide et humide amélioré notre confort quotidien. Le temps toujours très couvert ne nous incitait plus à bouger. Pluie et neige ont fini de nous dissuader de nous rendre sur Sondre Uperanvik pour la fête nationale, alors que nous étions parfaitement intégrés ici.

Pour cette occasion, le petit village s'est mis sur son 31, les allées nettoyées à la motopompe par les équipes de pompiers, et le village entièrement ratissé de ses déchets par toutes les générations, dans tous les recoins du village. Le jour venu, les activités étaient sciemment préparées.

8 heures,  levé du drapeau et hymne national chanté à capella. Suivi d'un petit déjeuner de circonstance chez nos hôtes. Cela en face de la télé qui diffusait des images de la fête nationale en direct depuis la capitale Nuuk.

9h 45, cérémonie officielle dans la petite chapelle de la commune. De nombreuses personnes sont en habit traditionnel.

13 heures, tout le monde à rendez-vous dans la salle des fêtes. Les villageois se congratulent avant d'aller s'asseoir autour d'un immense buffet central. Les discours officiels sont menés par les responsables de la commune, dont fait partie notre hôte Godman. A la fin de son intervention, il nous présente à l'ensemble des habitants. Nous profitons de cette occasion et de la solennité du moment pour remettre à la commune une médaille en cristal, présent de la Municipalité de Monaco. Ce geste les touche énormément. L'ensemble de la population manifeste son approbation par des applaudissements soutenus. Un villageois nous offre spontanément, au vu de tous,  son pendentif personnel à l'effigie du Groenland. Une fois les discours,  et les nombreux chants de la chorale terminés, le buffet est ouvert. Différents plats à base de narval, baleine, et autre phoque,  sont proposés. C'est alors une joyeuse ruée vers le buffet qui contraste avec la discipline jusqu'alors respectée.

La soirée se termine chez nos hôtes devant la télé, retransmettant des images de la capitale où se tient le banquet officiel avec la reine du Danemark et tous les politiques. Ce jour étant l'ultime étape avant l'indépendance définitive du Groenland. Judith nous a préparé du phoque, c'était vraiment excellent. Nous déclinons poliment l'invitation à la soirée dansante qui se tient dans la salle des fêtes, en prévision de notre départ prévu pour le lendemain.

Dans la nuit, un habitant vient taper à notre tente et nous remet deux pendentifs locaux. Notre geste semble les avoir beaucoup touchés.

Le lundi 22 juin, jour de notre départ, le soleil brille pour la première fois depuis une bonne semaine. Nos hôtes insistent pour que nous partagions un ultime déjeuner avant notre départ. Malgré les bateaux déjà chargés, il nous est impossible de refuser. Le moment des adieux est empli d'émotions.

Les 33 km qui nous séparent du village de Sondre Upernavik s'effectuent dans des conditions météo les plus favorables. Lorsque nous arrivons dans la petite baie, l'ensemble des habitants semble s'être réuni sur une plage voisine. Les enfants nous accueillent, et nous aident à sortir nos kayaks. On compte une vingtaine d'entres eux tirant et poussant nos embarcations à terre, jusqu'au lieu de notre campement.

Nous sommes conviés à rejoindre la population, qui faute de mauvais temps sur la journée de la veille, effectue un immense barbecue où chacun a préparé différents plats dont de la baleine. Chacun nous sollicite et nous propose différents mets. Nous en profitons pour nous présenter, et réaliser de nombreuses images.

Cette fois-ci, notre camp est monté dans une zone quelle que peu isolée mais oh combien plus tranquille que notre précédent campement. Chaque soir, au moment du diner, nous recevons de la visite. Les enfants du village se joignent à nous, nous observent pour finalement nous inviter à participer à leurs jeux, billes,  la marelle,  cache cache, et farandole.

Lors d'une soirée, alors que nous discutons autour d'un café chez un des professeurs de l'école, nous sommes invités à participer à une petite soirée improvisée. Il est 22 heures, et presque tout le village est là. Cette fête est en l'honneur d'une petite fille de 4 ans qui a pêché son premier poisson. 

Pour remercier les invités, des petits présents (biscuits, raisins secs, papier toilette, éponge, etc.) en guise de cadeau, est jeté à l'assistance. Ici, tout  est prétexte pour le rassemblement des personnes.

C'était vraiment touchant. Nous  effectuons des derniers achats avant une étape en totale autonomie de plus de 200km. La zone de navigation est relativement exposée, nous prévoyons une quinzaine de jours pour la traverser, y compris une réserve pour le mauvais temps. Les locaux nous préviennent que nous risquons de rencontrer des troupeaux de boufs musqués, et qu'il nous faut être armé.

 

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