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Côte
sauvage
Résumé du parcours réalisé en
autonomie totale entre SONDRE UPPERNAVIK et ILLORSUIT du 27
juin au 7 juillet 2009.
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Notre première nuit
passée sur l’île de KEKERTAQ, nous fait gagner pas
mal de temps. Chose surprenante, dans ce secteur les
possibilités d’arrêt et de bivouac sont bien plus
importantes que dans les fiords du nord. Ce n’est
pas pour nous déplaire, car cela faisait parti de
nos préoccupations. Un fort coup de vent étant
annoncé pour la journée du 30, nous allongeons les
étapes, pour passer le cap SIGGUK. Cela nous amène
le 28 à réaliser une étape de 43 km, 12 h de
navigation, les 3 dernières nous sont
interminables, un fort courant sortant sur cette
avancée côtière prolongea l’étape d’au moins 2
heures. Attirés par de la fumée, nous débarquons au
fond du fiord, à proximité d’un camp de pêche. Trois
tentes sont déjà montées, les locaux nous
accueillent, ils sont là pour 3 jours. Comme nous
nous y attendions, ils nous signalent la présence de
bœufs musqués à proximité du camp, sur les hauteurs.
Ils les observent à la jumelle. Trois fusils sont
sortis. Epuisés de fatigue, c’est à 5 heures du
matin que nous allons nous coucher, et remettons
notre sécurité entre leurs mains. Le lendemain,
malgré la musique et les aller et venus autour de la
tente, nous émergeons en début d’après midi. Mais
quelle n’est pas notre surprise, en constatant,
qu’il n’y a plus personne autour de nous. En mer, 2
canots à moteur sont sur le départ. Ils nous saluent
de loin. Certainement prévenus du mauvais temps, ils
sont quitté les lieux précipitamment. Passé le
moment de déception, nous organisons rapidement
notre sécurité. Jumelles, fusil, cartouches, corne
de brume, et autres fusées de détresse sont
rapidement regroupées. L’ambiance est tendue, nous
ne pouvons pas quitter les lieux, le coup de vent
étant toujours annoncé. |
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S’en suit deux
journées interminables de vent et de pluie. Nous
commençons à nous rationner, en prévision d’un
séjour prolongé. Le contraste entre l’intérieur de
notre petit abri et l’hostilité de cette immense
plaine est saisissant. Après plus de 48h de
bourrasque, il est difficile de supporter le bruit à
l’intérieur de la tente. |



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Au troisième jour les reliefs sont maintenant
couverts de neige, une accalmie semble se dessiner,
nous décidons d’y aller. Au programme, 40 km de côte
exposée et mer souvent agitée, généré par la
présence de hauts fonds. Seul point positif, la
présence de plage sur la première partie du
parcours. Après 8 heures de navigation active, vent
arrière, et de nombreux surfs, nous arrivons à
l’extrémité Sud de la péninsule et à destination.
Nous sommes maintenant à l’abri des vents dominants
du Nord-Ouest.
Cependant, un nouveau coup de vent avec interdiction
de naviguer nous est annoncé pour le 4 et le 5. Il
nous reste 24 heures pour nous mettre à l’abri. Nous
faisons route plein Est, et longeons la côte Sud du
NUNAVIK. Cet itinéraire nous fait renouer avec la
glace que nous avions quittée quelques temps. La
présence de nombreux glaciers dans le district d’UUMMANNAQ
dans lequel nous venons d’entrer, génèrent quantité
d’icebergs de taille surprenante. Alors que dans un
cadre radieux et bien protégé, nous attendons le
coup de vent, qu’elle n’est pas notre surprise, en
ouvrant tardivement notre boite mail, d’apprendre,
que celui-ci est annulé. S’en suit une des plus
belles journées de navigation, un léger vent
portant, nous permettant de mettre les voiles, et de
progresser rapidement, au milieu des icebergs, et
sous un soleil radieux. En milieu de parcours, une
opportunité s’offre à nous. Poursuivre dans l’axe du
vent, shunter le bivouac côtier du soir initialement
prévu. Cela afin d’aller se positionner au beau
milieu de l’immense fjord de KARRATS. Là, se situe
une île avec une cabane de trappe, cette initiative
nous fait gagner une bonne demi journée, mais
surtout, nous positionne dans un lieu féerique avec
une vue à 360°. Après trois bonnes heures de
navigation et 16 km en pleine eau, c’est avec un bon
vent de travers, et une mer qui commence à se
creuser que nous apercevons la cabane, et touchons
l’île dans une petite baie bien protégée. Cette
navigation, nous fait apprécier les qualités
remarquables de navigation de nos embarcations. Il
est vrai que la réputation de l’Explorer n’est plus
à faire. La cabane est ouverte, il y fait chaud,
malgré un aspect dépouillé et rustique, l’intérieur
nous parait luxueux. Il faut dire que c’est le
premier abri en dur que nous touchons depuis un
mois. Le cadre est tellement paradisiaque, que nous
décidons d’emblée d’y séjourner une journée entière,
quelles que soient les conditions à venir.
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Seuls sur notre îlot, à plusieurs kilomètres des
côtes, nous entamons sous un soleil radieux une
journée de grande lessive. Nous profitons au passage
du petit lac intérieur pour prendre un bain, au
milieu des cris des sternes et des détonations
régulières des icebergs dérivants qui se brisent
autour de nous. Depuis quelques jours le panneau
solaire qui alimente la batterie donne des signes de
faiblesse. Celle-ci ne charge plus ou, charge à un
très faible niveau. Un démontage complet s’impose.
Après plusieurs vérifications, le constat est
décevant la batterie ne prend plus la charge. Pièce
maîtresse de notre organisation c’est elle qui
alimente au quotidien notre mini PC qui permet
principalement de communiquer et de recevoir par
mails les informations météo quotidiennes.
Dorénavant il nous faudra limiter nos
communications, et fonctionner uniquement sur la
batterie interne du PC. Pour oublier les
tracasseries techniques, rien de mieux qu’une
ballade au milieu de centaines de Sternes, et leurs
cris stridents. Il nous faut prendre garde, pour ne
pas écraser leurs œufs, ou leurs oisillons. Dans un
décor de mousses et de lichens aux couleurs
surprenantes. Les rochers orange, tranchent avec le
bleu et le vert environnant. Depuis le sommet
l’impression est grandiose. La vue à 360° est
gigantesque. A l’Est une chaîne de montagnes
similaires aux Alpes. Seule fausse note, deux
gigantesques glaciers en cours d’assèchement, où
deux minces langues blanches se retirent de la côte.
Image symbolique s’il en est du changement
climatique que subit la planète. Ce n’est pas
l’envie qui nous manque de rester plus longtemps en
ces lieux, mais la mer nous appelle nous ne sommes
pas encore à mi-parcours. Nos prévisions nous
feraient quitter la ville d’UUMMANNAQ située à 170
km de là le 23 juillet, il nous faut donc reprendre
la pagaie. Cette ultime étape avant le retour à la
civilisation, commence par une traversée de 12 km.
Dès le début de celle-ci un incident se produit,
Nathalie perd la télécommande de la mini-vidéo
embarquée. Positionnée en bracelet autour de son
poignée elle ne l’avait pas assurée. Il nous faudra
faire sans, l’un de nous fera certainement office de
télécommande. Nous arrivons sur ILLORSUIT petit
village de pêcheurs situé au pied d’une imposante
falaise, sur la grande île de UBERKENDT, où la
population semble absente. Alors que les
températures remontent et que l’été semble être
arrivé, nous montons la camp à l’extrémité Nord du
village, mettant ainsi un terme à un parcours de 190
km en autonomie totale. Dix jours nous ont été
nécessaires, dont 6 de navigation.
Vue d’ici, la chose
semble aisée, mais l’on se remémorera longtemps nos
interrogations dans la tourmente au milieu des bœufs
musqués. |
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